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Mode de développement, enjeu énergétique, nucléaire PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gilles Alfonsi   
Samedi, 27 Septembre 2008 00:50
Mode de développement

En introduction à la première des deux séances organisées par les Communistes unitaires et les Alternatifs les 26 et 27 septembre, Elodie Vieille-Blanchard et Gilles Alfonsi ont présenté leur approche personnelle. Voici cellde Gilles Alfonsi ainsi que les rebonds dans la discussion., (également téléchargeable au format pdf)

Mode de développement, enjeu énergétique, nucléaire… il importe que des non-spécialistes s’emparent de ces questions trop souvent laissées aux plus « compétents ». Ces réflexions sont exprimées l’instant, et ne sont pas gravées dans le marbre.

Première idée, crise financière, économique, sociale, enjeu énergétique, crise écologique, conflits entre Etats s’entrecroisent et se nourrissent. La planète est aujourd’hui le théâtre d’une crise globale : les dimensions écologiques et sociales sont intimement liées.

Le combat pour une planète durable est pour nous globalement connecté aux choix économiques et sociaux. La recherche de la maximisation des bénéfices, à travers notamment le développement maximum de la consommation, l’exploitation des ressources et des hommes sont au cœur du système économique dans lequel nous vivons.

Mode de développement

Deuxième idée, il est particulièrement essentiel que la réflexion tienne les bouts de l’immédiat, de la moyenne et de la longue durées, faute de quoi la revendication immédiate risque de n’être qu’illusoire et l’utopie globale un rêve infécond.

Le développement durable n’est concevable que si sont prises dès aujourd’hui des mesures drastiques pour transformer en profondeur les rapports sociaux qui menacent la survie de la planète.

Les actions urgentes et conjoncturelles, doivent à la fois permettre d’inverser le cours des choses et s’inscrire dans un projet et une visée. Il s’agit à la fois faire face aux urgences, dont l’urgence écologique, et de s’inscrire sur le temps long du développement des sociétés, de la mutation des modes de vie, de la transformation des cultures. Pour ne pas être seulement un contre-pouvoir limitant les dégâts d’un système en crise, il faut une alternative viable et globale.

Pas d’émancipation sans planète vivable, sans droit fondamental à l’énergie, à l’accès partout ou pour tous à l’eau…

Troisième idée, la lutte contre toutes les dominations est la lutte contre toutes les spoliations, contre l’accaparement des ressources, contre toutes les dépossessions au bénéfice de minorités ou d’oligarchies soucieuses de leurs intérêts privés, et qui privent la planète et les peuples d’un avenir durable.

La lutte contre toutes les dominations a de multiples dimensions. La course effrénée à la consommation ne relève pas seulement d’un enjeu économique d’augmentation des profits. Elle est aussi un enjeu de pouvoirs pour une nouvelle aristocratie économique, disposant de leviers de plus en plus puissants. Elle est l’imposition d’un mode de vie anxiogène, qui asservit les consciences à travers de nouvelles techniques de médiatisation et de contrôle social. Elle tend à remplacer l’utopie en faveur d’une autre société par une utopie technologique et consommatrice. Elle est fondamentalement aliénante et antidémocratique.

La question est d’une certaine manière posée par l’ONU qui souligne qu’il « ne s’agit pas seulement de créer un monde plus propre, plus sain et plus sûr. Le combat contre le réchauffement climatique mondial pourrait ouvrir la voie à une transformation écologique de l’économie mondiale ».

Quatrième idée. Dans ces débats, ce sont les notions de progrès et de développement qu’il convient de reconsidérer. Nous chercherons à sortir de choix binaires « décroissance contre productivisme », formulation dont le simplisme constitue selon nous une caricature des options en présence et possibles.

Pour notre part, nous envisageons qu’il soit possible que la société décide, suscite ou encourage la décroissance de certaines productions, voire leur disparition (ex : disparition de la production nucléaire militaire - largement ignorée, sauf dans les mouvements pour la paix -, de productions obsolètes ou estimées collectivement comme non pertinentes), comme la croissance d’autres productions (ex ; services contribuant à la qualité de vie, biens à forte valeur ajoutée sociale et environnementale,) et de la transformation globale ou de la reconversion de certaines filières. Nous pourrions parler simplement de croissance(s) différenciée(s) et choisie(s).

Nous sommes loin d’une vision naïve du progrès, des croyances attribuant au développement économique ou aux avancées technologiques ou techniques les caractéristiques d’un phénomène naturellement positif, alors que précisément on mesure aujourd’hui plus qu’hier les coûts écologiques et humains du déficit de critères sociaux et environnementaux pour conditionner leur mise en oeuvre.

Je ne vais pas faire ici un exposé sur le diagnostic concernant le réchauffement climatique et ses conséquences.

Retenons :

  • - qu’à l’échelle mondiale, 250 à 300 millions de personnes sont chaque année touchées par les catastrophes soi-disant « naturelles » ;
  • - que les drames écologiques touchent les populations de manière très inégalitaires ;
  • - que la catastrophe n’est pas une perspective qu’il conviendrait de conjurer : elle est déjà là, et le problème est d’inverser radicalement la tendance et d’en sortir ;
  • - qu’une des causes majeures du réchauffement de l’atmosphère réside dans l’émission des Gaz à Effet de Serre (GES), dus aux activités humaines: (activités industrielles, transports, consommation énergétique dans l’habitat…).

 

La question énergétique

D’un côté, la consommation énergétique a considérablement augmenté au cours des dernières décennies dans les pays développés.

Les besoins sont immenses : selon l’ONU, un quart de la population mondiale n’a pas accès à l’électricité. Et dans les prochaines décennies, trois milliards d’individus auront des besoins énergétiques à satisfaire.

Toujours au chapitre du diagnostic, la question du gâchis de l’énergie est centrale – notamment dans les pays développés, au 1er rang desquels les Etats-Unis (5 % de la population mondiale consomment 25 % de l’énergie planétaire).

L’action combinée de scientifiques, d’ONG, des opinions publiques, de citoyens et d’élus a créé des rapports de force qui ont permis un premier pas et au protocole de Kyoto (1997, ratifié par l’Union européenne en 2002). Il fixe l’objectif de division par 2 d’ici 2050 des émissions de GES et de division par 4 des émissions de GES dans les pays développés, dont l’Union Européenne).

Il s’agit d’une mobilisation planétaire, immédiate et durable, qui signe une prise de conscience partagée et une prise en charge solidaire, qui reste à consolider, notamment dans le contexte de crise financière.

Et pour cela, la mise en cause de la surenchère consommatrice et son corollaire productiviste, avec pour but l’accumulation de profits, est décisive, en même temps que la réponse aux besoins énergétiques est un enjeu majeur.

Plusieurs actions doivent être combinées :

  • - la lutte contre les gâchis et la promotion des économies d’énergie, en vue d’économiser toutes les ressources,
  • - l’amélioration de l’efficacité énergétique,
  • - le développement des énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermie, biomasse, hydraulique).

Cependant, si l’efficacité énergétique et les économies d’énergie sont deux champs majeurs, elles ne permettront pas de dégager les marges nécessaires pour satisfaire l’intégralité des besoins actuels et futurs.

Le développement des énergies renouvelables constitue une nécessité et une chance. Mais, dans une optique de développement durable, nous devons prendre en compte tous les impacts causés par toutes les sources d’énergie et en avoir une vision équilibrée

Ainsi, on reconnaît aujourd’hui plusieurs impacts négatifs sous-estimés des barrages sur les fleuves (notamment les déplacements forcés de population). De même, après un engouement en faveur des bio-carburants, on en déplore aujourd’hui les risques, comme substitution à certaines cultures vivrières de plantations destinées à alimenter la production de biocarburants etc. Greenpeace, par exemple, a sorti les biocarburants des alternatives souhaitables.

De même, le développement légitime et souhaitable des énergies renouvelables ne peut nous faire oublier qu’elles constituent d’ores et déjà un marché lucratif, qui fait l’objet des mêmes logiques capitalistes que les autres marchés.

Plus largement, un débat est nécessaire sur les besoins.

Pour résumer :

  • - une approche ou des propositions qui nieraient les besoins serait une impasse,
  • - une approche qui sous-estimerait les changements de mode de vie nécessaires serait illusoire,
  • - une approche qui serait irréaliste du point de vue des moyens économiques à mettre en œuvre et des moyens humains à mobiliser ne serait pas crédible.

 

De ce point de vue, une chose est de développer une action très volontariste correspondant à la gravité de la situation que connaît la planète, autre chose serait de se fixer des buts inatteignables.

J’en viens à la question des risques, qui est l’une des questions difficiles à traiter

Faut-il faire des décomptes macabres, comparer les morts et les autres victimes, liées directement ou indirectement à l’exploitation du pétrole, du gaz, du nucléaire… ? Faut-il comptabiliser les morts en Irak, depuis que les Etats Unis ont déclenché la guerre pour préserver et garantir leurs accès aux réserves de gaz et de pétrole ? Et le conflit en Ossétie du Sud ne relève-t-il pas des mêmes affrontements ?

Une approche géopolitique semble tout à fait pertinente. Au nom de quoi obèrerait-on des milliers de victimes de politiques visant à la domination économique ? Il est -juste d’énoncer que les guerres du pétrole ont - eu un coût humain considérable.

En fait, tout recours à une énergie implique des risques, que ce soit au plan de l’extraction et de la production de cette ressource, de son stockage ou de son transport. Mais les risques sont inégaux, et d’autre part l’existence d’un risque plus ou moins élevé (et qu’il ne faut pas confondre avec les conséquences, elles aussi plus ou moins graves) n’est pas le seul critère qui permet de déterminer les choix énergétiques. Preuve en est qu’à notre connaissance personne ne propose et la sortie du nucléaire et celle des énergies fossiles à la fois. En fait, personne ne peut échapper à la nécessité de rechercher l’équilibre le plus pertinent entre risques, possibilités et besoins.

Le cas de l’énergie nucléaire

Premièrement, le débat sur le risque nucléaire renvoie inévitablement à la place du risque dans notre société, avec tous les enjeux politiques et culturels qu’entoure cette notion, y compris la dimension profondément anxiogène du sujet.

Deuxièmement, le problème du nucléaire est loin de concernent seulement la production d’électricité. Il est notamment utilisé :

  • - à des fins militaires,
  • - à des fins sanitaires,

qui produisent aussi des déchets radioactifs, et parfois durables.

Sur le nucléaire militaire, à propos duquel il y a si peu de mobilisation, le seul objectif possible dans une visée d’émancipation est la disparition de ces armes. Certes, la CGT a pris position pour un arrêt global de toute construction d’armes nucléaires. Mais cela laisse la question de la dénucléarisation militaire dans son ensemble.

Notons qu’une sortie (plus ou moins) rapide du nucléaire ne règle pas le problème de la présence de déchets radioactifs et donc l’existence du risque lié à ces déchets pour les hommes et pour la planète. Des déchets de haute activité issus des centrales sont déjà là, et probablement pour des millions d’années. Pas d’illusion, donc, sur la disparition de ce risque.

En troisième lieu, on doit souligner que le recours à l’énergie nucléaire n’a jamais fait l’objet d’un débat public éclairé, d’une délibération démocratique digne de ce nom et d’une décision de la société.

Il existe donc un lourd problème de légitimité du recours au nucléaire, un trou noir dans le système démocratique sur ce sujet. Pour des militants de l’émancipation, qui font de l’appropriation des savoirs et des pouvoirs, le moteur essentiel de la transformation de la société, cela constitue un problème majeur.

Vient alors le débat sur deux questions :

  • - l’existence d’un risque d’accident grave ou très grave,
  • - le fait de léguer aux générations futures le problème de la gestion des déchets radioactifs, notamment celle de déchets radioactifs haute ou très haute activité, dont la seule solution aujourd’hui est l’enfouissement

Nous mettons ici de côté d’autres aspects, que nous n’avons pas le temps de traiter.

  • - l’existence d’un risque d’accident grave ou très grave

La facilité est de dire qu’un tel risque ne peut en aucune manière être assumé par la société, soit en se raccordant à l’illusion d’un risque zéro (ceci alors que la gestion par la société des sources d’énergies fossiles a produit - des dommages humains considérables), soit en considérant l’impossibilité de réunir les conditions de sécurité optimales, d’empêcher la prolifération, surtout dans le contexte actuel de globalisation du capitalisme financier.

  • - le problème éthique posé par les déchets

Le fait de léguer aux générations futures la gestion de déchets durables, sur fond d’incapacité à ce jour à les traiter de manière satisfaisante, pose un problème éthique peut-être plus net que celui du risque d’accident.

Il me semble qu’il faut refuser absolument le déni sur ce risque, par exemple la tentation de dire que la vitrification des déchets annulerait le problème.

Enfin, la question de l’utilité sociale importante de l’énergie nucléaire (qui couvre 80 % des besoins d’électricité en France), de l’efficacité énergétique, du coût de production de l’électricité d’origine nucléaire doit être posée.

Il existe en France une filière nucléaire de qualité, sans doute la meilleure du monde – et l’on souhaite disant cela ne pas être immédiatement classé dans le camp des nucléocrates.

Surtout, taire cela, c’est omettre qu’il existe un combat pour améliorer le système actuel, que les salariés de ce secteur, dans des conditions de rentabilité de plus en plus difficiles, maintiennent un haut niveau d’exigences et contribuent à l’amélioration technologique des procédés, et que les améliorations nécessaires sont garantes de la qualité de la prévention des risques.

Mais si la technologie nucléaire de la France est une des meilleures au monde, il n’en reste pas moins que son utilisation continue de poser un grave problème démocratique. Malgré les avancées obtenues grâce au combat d’associations écologistes, de syndicalistes du secteur, d’élus locaux, d’experts et de contre-experts, l’information s’est améliorée mais on est très loin du compte. Le choix du maintien ou du développement du nucléaire civil continue de n’être pas soumis au choix des citoyens, alors même que d’autres pays européens ont effectué des référendums pour décider de l’avenir de leurs politiques. Cela signifie que l’on considère dans les milieux politiques autorisés que les citoyens ne sont pas à même de faire un tel choix.

Des ruptures sur ces sujets sont nécessaires.

En raison des risques liés au nucléaire, on peut intellectuellement imaginer se séparer du nucléaire à un certain terme, dès lors que nous serions capables à la fois de limiter la consommation d’énergie et de répondre aux besoins énergétiques, grâce au développement d’alternatives nouvelles, des énergies renouvelables, non productrices de C02, sous réserve d’en améliorer l’efficacité etc.

Cela suppose qu’il y ait un effort de recherche et de développement permettant d’explorer toutes les possibilités dans tous les secteurs, de relever les défis de l’efficacité énergétique et du coût. Cela suppose de se situer sur un moyen terme.

Mais alors, quid de la pertinence et de la crédibilité des scénarios de « Sortie du nucléaire » ?

Sur la crédibilité d’un scénario de sortie rapide (par exemple à 5 ou à 10 ans) du nucléaire, schématiquement, on peut craindre qu’il :

  • - sous-estime les besoins énergétiques, en France et dans le monde,
  • - surestime les économies d’énergie possible,
  • - surestime les gains possibles en termes d’efficacité énergétique,
  • - surestime les possibilités de production grâce aux énergies renouvelables, en omettant largement les enjeux d’acceptation par les populations, les conditions de stockage et de transports, notamment concernant les besoins considérables pour les transports,
  • - sous-estime le temps nécessaire pour obtenir des changements significatifs des modes de vie et des comportements,
  • - sous-estime les moyens économiques nécessaires pour réaliser les investissements nécessaires à une autre politique énergétique.

Sur la pertinence de sortir du nucléaire d’ici 2050, est très problématique la proposition de substituer en partie à l’électricité nucléaire l’utilisation des énergies fossiles.

Cette proposition, même conçue comme correspondant à une période transitoire, est en complète contradiction avec l’objectif crucial de la diminution par 2 de la production des GES d’ici 2050 et par 4 dans les pays européens.

Comment une telle proposition pourrait-elle être défendue au moment même où l’ONU agit maintenant pour la réduction du recours aux énergies fossiles et l’élimination des subventions afférentes considérant qu’il s’agit là d’un facteur clé pour la réduction des GES ? Ajoutons que certains pays européens - dont les situations énergétiques sont extrêmement différentes - qui ne recouraient plus à l’énergie nucléaire reviennent aujourd’hui sur cette option pour tenir leurs engagements en matière d’émissions de GES.


« Rebonds » dans le débat

Nous avons beaucoup de choses en commun :

 

  • pour nous, la visée d’émancipation humaine mêle étroitement le social et environnemental ;

  • - nous identifions la responsabilité du capitalisme dans la crise actuelle et nous partageons le constat de la gravité du phénomène du réchauffement climatique ;
  • - nous mettons en question le productivisme, la logique d’expansion constante de la consommation, une certaine « foi » dans le « progrès » ;
  • - notre approche des questions est de prendre les questions dans leur globalité, et non une approche traitant des problèmes séparément ;
  • - nous nous posons les mêmes problèmes sur les questions de transparence, de démocratie, d’appropriation citoyenne des enjeux et des choix ;
  • - nous sommes convergents sur la promotion des énergies renouvelables.

L’idée avancée par les Alternatifs de « révolution longue » dit bien le besoin immédiat de transformations qui supposent dans le même temps de s’inscrire sur le temps long des changements des cultures et de la mutation des modes de production.


Dans le même temps, il existe entre nous des points de différences, voire de divergences :

 

  • - sur les besoins,

Ok pour travailler à la déconstruction des besoins, mais il ne s’agit pas de nier les « besoins » (principe de réalité). Les « besoins » seront peut-être entièrement redéfinis, mais il ne s’agit pas de faire comme si l’augmentation démographique n’existait pas (on parle de 3 milliards d’habitants en plus sur la planète dans les prochaines décennies), ou comme s’il n’y avait pas aujourd’hui 2 milliards d’individus privés d’électricité. Il est nécessaire que le social « entende » l’environnemental, mais aussi que l’environnemental « entende » le social.

 

  • - sur l’appréhension des risques,

J’entends bien les interventions sur les risques liés à la radioactivité, et sur les victimes. Il me semble nécessaire de prendre tous les risques en considération, plutôt que de se focaliser sur tel ou tel risque. Il faut prendre en compte toutes les victimes. Le travers des approches spécifiques est d’oublier qu’il existe d’autres enjeux connexes, tout aussi fondamentaux. Notre approche doit être géopolitique, inclure par exemple les victimes des guerres liées à la course au gaz et au pétrole. Et inversement, ne cherchons pas à mettre au mettre au compte spécifique de telle ou telle énergie, des mécanismes qui sont en fait liés au mode de production des richesses en général.

  • - sur le nucléaire,

Personne n’a dit que le nucléaire est « propre ». Comme les autres sources d’énergie, il a une empreinte écologique, qui intègre la question majeure des déchets. J’ai traité de front les deux problèmes que sont l’existence d’un risque d’accident grave ou très grave ce risque étant plus ou moins faible suivant certaines conditions) les ) et le problème de la gestion des déchets sur le long voire très long terme (legs aux générations futures).

Et dans le même temps, je vous ai questionné sur le problème de la crédibilité des scénarios de sortie du nucléaire à 5 ou 10 ans (scénario Négawatt), qui me semblent irréaliste. Surtout j’ai exprimé l’idée qu’il est contreproductif de prévoir, pour remplacer le nucléaire (qui ne produit quasiment aucun gaz à effet de serre), la relance de centrales utilisant du gaz au moment où un rapport de force planétaire se construire pour la lutte contre le réchauffement climatique.

J’ai aussi entendu la piste d’un autre scénario de « sortie du nucléaire » à 60 ans, c’est-à-dire à l’issue de l’utilisation des centrales en cours de constructions dans de nombreux pays. Or, les spécialistes parlent de réserves d’uranium pour 80 à 100 ans. Mais alors, sommes-nous encore vraiment dans un scénario de sortie du nucléaire ?

  • - sur les enjeux capitalistes et la question des coûts des énergies.

Nous n’avons pas eu le temps d’approfondir alors qu’il y a sur le point du coût de la production des énergies des désaccords. Là aussi, dans la comparaison des coûts, je proposerai une approche large, incluant les coûts induits pour la production des énergies quelles qu’elles soient.

Je voulais aussi aborder la question des convergences, des alliances et des leviers à construire avec certains acteurs internationaux qui contribuent positivement au combat écologique et social. Je pense à certains organismes de l’ONU, avec lesquels nous n’avons jamais développé les ponts nécessaires. Chacun doit être à sa place, mais il y a là des leviers inexploités pour obtenir des avancées.

Enfin, il nous paraît contreproductif et fondamentalement en contradiction avec le combat écologique et social de brouiller les repères par une démarches électoraliste comme celle qui se profile avec Daniel Cohn-Bendit, déconnectant critique du libéralisme - fût-ce en en critiquant certains excès - et combat écologique. Car de cette articulation dépend en fait non seulement l’efficacité du combat écologique mais la possibilité même de l’émancipation. La présence éventuelle d’une liste écologique gauche – droite aux prochaines élections européennes me semble de ce point de vue très négative.

Je vous propose de trouver des modalités de poursuite de ce premier échange dans la prochaine période, avec le souci, abordé par un intervenant, que cela puisse donne lieu à des échanges avec d’autres acteurs de la société civile (syndicalistes, associatifs…), et aussi celui d’envisager des perspectives d’actions.

 

 

 
 

Des nouvelles de chez vous

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