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Notre combat aujourd'hui PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Robert delanne   
Vendredi, 23 Mai 2008 01:00

Je crois qu'on n'a jamais autant parlé de la planète et de l'écologie qu'en ce moment et, compte tenu que la quasi totalité des media sont propriété de la haute Phynance, je me pose la question : "qui dit quoi et à qui ça profite ?"(sous titre :vous voyez, on s'en occupe, laissez nous faire. )
J'y reviendrai plus tard

Aujourd'hui je voudrais seulement revenir sur quelques sujets qui me font souci.

J'étais jeudi matin à la manif de ARLES.
Mêmes discours qu'il y a soixante ans.
Bien sûr on me dira que c'est le même combat contre le même ennemi.

LE COMBAT D4AUJOURD4HUI (MAI 2008) Bien sûr aussi je ne suis pas d'accord avec ce que dit LAZARE dans son dernier mail : "J'avoue que passer un après midi à manifester contre (…. ) Parfois je me dis que c'est perdre beaucoup de temps et d'énergie pour pas grand chose quand on voit le résultat. Surtout quand on constate que lutter de cette façon ne sert qu'à renforcer ce système qui se nourrit de cette opposition pour la désamorcer et la contrôler, en renvoyant une image démocratique. "

Car ces manifs nous habituent à être ensemble. Un peu de chaleur. Et c'est important. De plus ces combats il faut les faire, montrer qu'on existe.

Mais, est-ce bien le même combat ?

Depuis 1917 L'URSS éclairait notre lanterne, nous oxygénait. On y croyait. La presse capitaliste pouvait toujours annoncer la fin prochaine des soviétiques ( j'ai eu l'occasion de feuilleter la presse d'avant guerre) ça nous faisait plutôt rigoler. Même Gide, retour d'URSS, n'en disait que du bien.

Et patatras !! Les capitalistes ont eu raison, et nous, on a mangé notre chapeau. ILS on gagné en crédit, on a perdu en crédibilité. Plus grave, on a, un temps, essayé de mentir pour cacher le pire.

Et in fine, pour le "plus grand nombre", le "communisme " ça ne marchait pas et le capitalisme triomphait.

Fin de l'histoire ?

Pour beaucoup, oui. Car nous n'avons pas fait grand chose pour expliquer vraiment ce qui avait échoué et pourquoi.

Et on le paye aujourd'hui.

Et quand j'ose dire qu'il faut se débarrasser du capitalisme et réinventer le communisme pour sauver la vie sur la planète on me renvoie aux crimes de l'URSS, à Tchernobyle, à la Chine polluante, à la Corée du nord. Et même à Cuba, où j'ai des amis.

Et aujourd'hui ILS enfoncent le clou, en rajoutent ; des "penseurs" à la mode sablent le champagne au départ de CASTRO ! Des nains malfaisants mais écoutés. Si La Bruyère vivait encore, quel régal pour sa galerie de portraits.

Nos discours ne sont plus en phase avec l'état des lieux. A part les vieux militants (et encore !) ils font sourire.

Et pourtant, ça bouge, me disent mes amis. C'est vrai, le nombre et la détermination des combats actuels le montre. Mais je vois des combats pareils à ceux d'hier : salaires, conditions de travail,…refus…refus…

Ce sont des combats contre. Défensifs. Sans perspectives émancipatrices.

Et je me demande même si le pouvoir ne va pas s'en servir pour nous diviser encore, créer un désordre social qui fera peur à ce "plus grand nombre" cher à MARX, un plus grand nombre qui ne croit plus à la possibilité de se débarrasser du capitalisme, et qui, partant de là, est plus soucieux de se préserver, de se contenter d'un petit coin tranquille au sein de la société de consommation. Et ILS pourront durcir le système. Jusqu'où??

Depuis un demi siècle l'état des lieux a subi, il me semble, un changement qualitatif capital : l'explosion des désordres organiques du système capitalisme et sa folle course en avant pour survivre placent l'humanité toute entière devant un fait exceptionnel et nouveau depuis le début de son histoire : un prédateur unique menace son existence même.

Jusqu'à une époque pas tellement lointaine, des civilisations naissaient, se développaient, atteignaient leur apogée, puis déclinaient et disparaissaient, mais ce n'était pas la fin de la vie, une ou d'autres civilisations naissaient sur les ruines et les acquis de la civilisation disparue, apportaient de nouvelles découvertes, un nouveau développement de l'homme.

Mais aujourd'hui ?

Ce n'est plus une civilisation parmi d'autres qui est menacée, c'est LA civilisation humaine dans sa totalité qui est mise en danger par un prédateur unique, le capitalisme, super prédateur de la planète.

N'est-on pas en présence d'un changement qualitatif essentiel ? N'y a-t-il pas là pour nous la nécessité de changer qualitativement le contenu de nos luttes?

Depuis le début de son histoire l'homme tend vers toujours plus de liberté par la connaissance, le progrès, avec parfois des reculs, c'est vrai, mais qui ne représentaient pas la fin de l'histoire. Aujourd'hui si, les reculs imposés par la capitalisme pour survivre peuvent annoncer la fin de l'histoire. (Voir "réponse à jean Brafman" déjà envoyé à Débat en Janvier 2008).

Aujourd'hui l'enjeu n'est plus d'améliorer notre quotidien, d'améliorer nos conditions de vie, l'enjeu c'est de préserver la vie même sur la planète. Parce qu'elle est Vraiment menacée par cette surconsommation dont le capitalisme a besoin pour survivre et dont il nous rend complice grâce à sa publicité.

En 1960 on consommait 60% des capacités de renouvellement biologique de la planète. Depuis 1970 on a atteint les 100%. En 2003 on a atteint les 120%. Et aujourd'hui ? Selon certains 140%. Des pessimistes, sans doute!

Je ne suis pas catrastrophiste, et l'espèce humaine survivra peut-être à de graves bouleversements climatiques. Mais combien d'humains y laisseront la vie ? Et quelle sera la vie des survivants ?

Je ne vais pas détailler les prochains dégâts annoncés. Il est facile de s'informer sur internet. Sachons seulement que les grands désordres annoncés l'année dernière pour 2050 ont été avancés par les mêmes instances il y a quelques semaines pour 2025. Et il y a quelques jours, pour 2013. Ils ont déjà commencé.

On ne va quand même pas attendre la distribution des auréoles quand le ciel nous tombera sur la tête !!

Nous devons très vite nous emparer du problème. Ne serait-ce que pour empêcher les capitalistes d'endormir l'opinion publique en faisant croire qu'ILS s'en occupent et nous amener un jour à dépendre totalement d'eux pour nous sauver d'un cataclysme quelconque.

Nous devons inclure le problème dans tous nos combats. Expliquer pourquoi le prédateur ne peut pas se transformer en bon gestionnaire de la planète.

Car il ne suffit pas de faire l'inventaire de tous les méfaits du capitalisme et de les dénoncer. Dans la mesure où on ne démontre pas que le postulat de base nécessaire à la survie du capitalisme est l'exploitation croissante des richesses de la planète, faire l'inventaire de ses méfaits laisse la porte ouverte aux arguments de ceux qui prétendent le gérer et le rendre supportable. "Faites nous confiance, on va s'améliorer"

Nous avons un défi énorme à relever, qui demandera des décennies : réaliser une véritable révolution économique, sociale et culturelle. Et nous nous y prenons bien tard. Faisons au moins le possible et l'impossible pour sauver ce qui peut encore l'être.

Ouvrons le débat, informons, mesurons nos forces.

 
 

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