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Si je n'avais droit qu'à qu'un argument... PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Christine Castejon   
Dimanche, 20 Janvier 2008 00:00

Pour la journée d'étude du 26 janvier

Si je n'avais droit qu'à un argument parmi ceux que me suggère le débat.

Il est très facile de parler du travail en esquivant, en fait, la question. Je n'insiste pas ici sur le fait que c'est le cas du discours politique dominant. Je m'adresse au discours qui porte la volonté de transformation de la société. Précaution : que personne ne se sente visé spécialement car le fait même que la discussion commence à avoir lieu est extrêmement positive et il s'échange quantité d'idées intéressantes. Mais il y a un os...ou plutôt il en manque un...

Je vois au moins deux façons d'esquiver la question sans s'en rendre compte :

  • * la première, au plan théorique, c'est de tenir des discours sur le travail qui ne font pas le détour de prendre connaissance des concepts, en débats, nés dans les recherches des trente dernières années sur le travail. La référence à Marx reste à peu près la seule, parfois mâtinée de références plus récentes chez des auteurs qui ont eux-mêmes fait l'économie de ce détour théorique. Loin de moi de penser que la référence à Marx est inutile ou dépassée (je suis même ravie de son retour) mais il existe une actualité de la recherche sur le travail qui est l'un des éléments nouveaux, et à mon avis fondamentaux, de la fin du 20ème siècle (évidemment dans le sillage d'une histoire politique et scientifique). Il ne s'agit pas, faut-il le préciser, d'y voir un réservoir de prêt-à-penser (pour qui s'y plonge, il devient vite évident que c'est impossible) mais simplement de savoir plus rapidement ce que disent les mots, qui sont toujours des concepts, que nous utilisons.

J'entends bien que ce détour n'est pas chose simple. C'est un travail en tant que tel.
Cela vaut sans doute d'ailleurs pour bien d'autres questions que le travail. Pour les autres ateliers par exemple ? Franchement je ne sais pas. Mais pour le travail j'en suis certaine.

  • * La seconde, au plan pratique, ...est en fait une variante de la première. Que, lorsqu'on parle travail, on soit très vite attiré sur le versant hors travail, ou rémunération, ou etc., c'est l'une des réalités qui a longtemps empêché l'émergence de la question du travail en tant qu'objet et sujet de théorie et de pratiques. Toutes ces questions ont leur légitimité et sont effectivement des prolongements de la question du travail. Mais elles fonctionnent pour l'instant comme des masques. L'affirmation vertébrale des textes que j'ai écrits dans le cadre de la bataille électorale et qui m'ont valu plusieurs fois la réflexion que c'était pour plus tard, comme une question non politique en fait, c'est l'idée qu'il faut comprendre ce qui se joue dans les situations de travail, telles qu'elles sont aujourd'hui, pour entendre contradictoirement se bâtir et se déliter les rapports sociaux, y compris la résistance beaucoup plus présente qu'on ne le croit.

Comprendre pour agir bien sûr mais agir là où a lieu le travail. De nouveau je n'évacue pas le reste, j'essaie de mettre le doigt sur une carence aux conséquences politiquement ravageuses.

Je ne crois pas qu'une page réussira là où des dizaines ont échoué (enfin pas tout à fait) à attirer l'attention sur cette curieuse présence/absence du travail mais je prends date pour la suite des débats, ou pour d'autres lieux, puisque je ne participerai pas à celui-là.

Bonne rencontre,

Christine Castejon Cf le texte « Le travail en intelligence »


 
 

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