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Repris de la page facebook de Dominique Vidal. Points abordés : Les Nations unies - La réconciliation nationale - Le printemps arabe - Le printemps palestinien - L'initiative de paix arabe - La solution des deux États - Conditions préalables - La résistance populaire pacifique - Incitation - Jérusalem - Les colonies - Les réfugiés - La sécurité - l'État juif - La fin du conflit
DOCUMENT: Quand l'Autorité palestinienne précise ses positions face au gouvernement israélien: Un texte de la Mission de Palestine en France
LA POSITION PALESTINIENNE A PROPOS DE QUELQUES QUESTIONS POLITIQUES
En raison de questions récurrentes émanant des cercles politiques, diplomatiques et médiatiques adressées à la Direction palestinienne, sur des sujets liés aux négociations, au processus de paix, aux relations palestino-israéliennes et à la réconciliation palestinienne, nous pensons qu’il est nécessaire de réaffirmer la position palestinienne sur ces sujets, et de fournir dans cette brochure des réponses à ces interrogations, de façon à ce qu’elle puisse servir de guide au bénéfice des intéressés.
LES NATIONS UNIES
1) Il n’y a pas de contradiction entre notre demande pour la qualité de membre à part entière de l’ONU et des négociations sur la base d’un cadre de référence clair et reconnu, tout particulièrement l’engagement à l’égard des frontières de 1967, avec des échanges mineurs de territoire mutuellement consenti, et l’arrêt des activités de colonisation.
2) En nous adressant à l’ONU, nous ne cherchons pas à isoler ou à délégitimer Israël, mais à dénoncer l’illégalité de sa politique expansionniste. Notre but consiste à mettre un terme à l’occupation, et a obtenir la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien qui vivrait en paix et en sécurité avec ses voisins.
3) La plupart des pays du monde nous soutiennent dans cette démarche.
4) La reconnaissance internationale de l’Etat de Palestine et son admission en tant que membre à part entière à l’ONU contribuerai à la paix et à la stabilité dans la région. Il y a aujourd’hui 132 pays ainsi que de nombreuses missions diplomatiques de par le monde et particulièrement en Europe Occidentale qui reconnaissent l’Etat de Palestine.
LA RECONCILIATION NATIONALE
1) Israël a utilisé la scission entre la Cisjordanie et Gaza comme un prétexte pour interrompre les négociations et le processus de paix.
2) Après le commencement de nos efforts pour réaliser la réconciliation nationale, le gouvernement israélien a déclaré qu’Abu Mazen devait choisir entre Israël et le Hamas. Ce a quoi nous avons répondu que nous choisissions le Hamas en tant que partie du peuple palestinien et Israël en tant que partenaire pour la paix.
3) De même, le gouvernement israélien ne peut a la fois poursuivre une politique de colonisation avec mise en place d’une coalition gouvernementale extrémiste en vue de satisfaire une partie de leur électorat, tout en se réclamant partisan pour la paix entre nos deux Etats.
4) Le Hamas s’est placé lui-même sur le terrain du Président Abu Mazen en acceptant une trêve complète (un cessez-le-feu) en Cisjordanie, la résistance populaire non-violente, un Etat palestinien dans les frontières de 1967, et a accepté de tenir des élections.
5) Le prochain gouvernement palestinien sera un gouvernement de transition formé de personnalités indépendantes et de technocrates, totalement engagés à appliquer le programme politique du Président Abu Mazen.
LE PRINTEMPS ARABE
1) Accélérer le processus de paix et réaliser la solution des deux Etats sur la base de la légalité internationale servira l’intérêt de la stabilité et de la paix, et agira de sorte a atténuer le climat d’incertitude et de crainte qui affecte l’ensemble de notre région.
2) Nous respectons la libre volonté des peuples arabes et leurs exigences légitimes de changement et de réforme. Nous considérons les événements du Printemps Arabe comme une affaire arabe intérieure et nous refusons d’y intervenir.
LE PRINTEMPS PALESTINIEN
1) Les manifestations de la rue palestinienne se sont focalisées sur deux exigences: le rétablissement de l’unité nationale, et la fin de l’occupation.
2) Dés le premier jour ou le fossé divisionnaire s’est creusé entre les palestiniens nous avons activement œuvré afin d’y mettre un terme. Nous avons entrepris de nombreuse initiatives qui furent réitérés par la suite a diverses reprises, toujours en faisant preuve de flexibilité et d’ouverture.
3) Le peuple palestinien ainsi que le reste du monde sont finalement parvenu a la certitude que nous n’étions ceux qui mettent des obstacles a la fin de la scission .
4) Les autres questions liées a la quête de liberté dans un Etat de Droit , ou encore a la demande de nouvelles réformes , a l’organisation d’élections ou la transparence apparaitrait comme mot d’ordre, toutes ces questions qui agitent la rue arabe, furent résolues en Palestine depuis 1996 . La communauté internationale et ses agences spécialisées en témoignent.
5) Nous vivons sous l’occupation notre but premier et d’y mettre un terme. Aucun effort n’est épargné afin de parvenir a cet objectif, et nous en tant que direction bénéficions du soutient absolu de notre peuple.
L’INITIATIVE DE PAIX ARABE
La partie israélienne continue d’ignorer l’initiative de paix arabe, qui représente un ensemble de solutions répondant aux préoccupations israéliennes, y compris :
1) La reconnaissance de l’Etat d’Israël dans les frontières de 1967 par les pays arabes et islamiques.
2) Une solution juste et approuvée par les deux parties au problème des réfugiés.
3) Des arrangements collectifs pour la sécurité régionale qui garantiront l’accord à l’avenir.
4) Si Israël se retire de tous les territoires arabes occupés en 1967, les pays arabes et islamiques, entretiendront des relations cordiales en retour. Ces pays déclareront la fin du conflit arabo-israélien, concluront un accord de paix avec Israël, et assureront la sécurité pour tous les pays de la région.
5) Les 57 Etats de l’Organisation de la Conférence Islamique soutiennent l’Initiative de Paix Arabe.
LA SOLUTION DES DEUX ETATS
1) Nous avons accepté la solution des deux Etats depuis 1988 comme une base pour mettre un terme au conflit palestino-israélien.
2) Nous avons travaillé dur au cours des années pour réaliser cet objectif à travers des négociations.
3) La solution des deux Etats apparait de plus en plus hors de portée en raison de la politique coloniale d’Israël.
4) La solution d’un seul Etat n’est pa s notre choix. Mais la politique israélienne la rend progressivement inévitable.
CONDITIONS PREALABLES
1) Nous ne posons aucune condition préalable à la reprise des négociations. Nous demandons seulement qu’Israël respecte ses obligations telles que définies dans les accords signés, la Feuille de Route, les déclarations du Quartet et les résolutions de la légalité internationale en général.
2) Nous avons respecté nos propres obligations et nous nous sommes conformés aux conditions internationales. Personne ne peut nous accuser d’être responsables de l’impasse des négociations et du processus de paix dans son ensemble. Nous avons rempli nos engagements. Nous sommes prêts à considérer les remarques au sujet d’erreurs que nous aurions commises, bien qu’assuré d’avoir mené une politique en règle avec les conventions internationales.
LA RESISTANCE POPULAIRE PACIFIQUE
1) Nous sommes parfaitement en droit de dire « Non » à l’occupation et notre peuple a le droit légitime de résister à cette occupation, en conformité avec les conventions internationales.
2) Nous rejetons la violence, au lieu de quoi nous appelons à une résistance populaire non violente.
3) Aujourd’hui, il y a un consensus parmi les Palestiniens pour poursuivre la résistance populaire pacifique.
4) Notre peuple met déjà en pratique ce type de résistance avec les ressources dont nous disposons et jouit du soutien des mouvements de solidarité internationaux et israéliens. Cette option pourrait prendre de l’ampleur à l’avenir.
L’INCITATION
1) Un comité trilatéral (Palestino-Israélo-Américain) contre l’incitation avait été établi pour traiter la question de l’incitation à la suite de l’accord de Wye River en 1998. Ce comité a fonctionné 6 mois, et s’est ensuite interrompu pour des raisons que nous ignorons.
2) Nous avons donc exigé, et continuons d’exiger la réactivation de ce comité, mais Israël rejette cette demande.
JERUSALEM
1) Jérusalem Est constitue une partie intégrante de la Cisjordanie qu’Israël a occupée en 1967.
2) La décision israélienne d’annexer Jérusalem et d’en faire la capitale de l’Etat d’Israël est illégitime et illégale, et viole le droit international. En conséquence, divers pays ont refusé de localiser leurs représentations diplomatiques à Jérusalem.
3) Dans le cadre d’un accord permanent, Jérusalem peut devenir la capitale des deux Etats, Jérusalem Est en tant que capitale de la Palestine, et Jérusalem Ouest comme capitale d’Israël.
4) Il peut y avoir une municipalité pour Jérusalem Est et une autre pour Jérusalem Ouest. Un organisme peut assurer la coordination entre les deux municipalités.
5) Il n’y a aucun besoin de diviser Jérusalem, et la ville peut rester ouverte aux adeptes de toutes les religions.
LES COLONIES
1) Les activités de colonisation israélienne et l’existence des colonies juives en territoire palestinien occupé sont illégitimes et illégales selon le droit international et les résolutions de la légalité internationale.
2) Les colonies existantes et la poursuite des activités de colonisation ne laissent pas assez de terres et de ressources aux Palestiniens pour établir leur Etat contigu et viable, et de ce fait, mine la solution des deux Etats.
3) Les colonies sont un problème de statut définitif, qui peut être résolu par les négociations, de façon à ne pas porter atteinte à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Etat palestinien.
4) Les négociations ne peuvent pas reprendre sans un arrêt total des activités de colonisation, parce que leur poursuite rend les négociations vides de tout contenu et futiles.
LES REFUGIES
1) Il y a cinq millions de réfugiés Palestiniens dispersés de par le monde. Nous exigeons que le dossier des réfugiés soit déposé sur la table des négociations pour régler ce problème.
2) L’Initiative de Paix Arabe inclut une solution convenue et juste au problème des réfugiés. Les solutions à cette question ne sauraient être imposées par aucune des parties.
LA SECURITE
1) La réalisation de la paix est la voie garantie pour parvenir à la sécurité pour tous, et non l’inverse.
2) Nous croyons à la sécurité pour les deux Etats, la Palestine et Israël, vivant côte à côte en paix, dans la coopération et entretenant des relations de bon voisinage.
3) Nous n’accepterons aucune présence militaire ou sécuritaire israélienne sur le territoire de l’Etat palestinien indépendant, particulièrement dans la Vallée du Jourdain, mais nous acceptons la présence d’une tierce partie pour une période convenue.
4) La Vallée du Jourdain fait partie des territoires palestiniens occupés en 1967, et c’est une région vitale pour l’économie et le développement palestiniens. Nous n’acceptons pas le contrôle israélien de la Vallée du Jourdain, quels que soient les prétextes sécuritaires invoqués.
5) L’Etat palestinien n’entrera dans aucune alliance ou axe militaire avec d’autres parties susceptibles de menacer la paix, la sécurité et la stabilité régionale.
6) L’Etat palestinien disposera de forces de sécurité renforcées de façon à maintenir sa sécurité, et assurer la loi et l’ordre pour ses citoyens.
L’ETAT JUIF
1) L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a reconnu l’Etat d’Israël en 1993 (Lettres de reconnaissance mutuelle).
2) Le Premier ministre Netanyahu n’a présenté cette nouvelle exigence qu’il y a deux ans, afin de faire obstruction au processus de paix.
3) Israël n’a pas demandé à la Jordanie et à l’Egypte de reconnaitre Israël en tant qu’Etat juif lorsqu’il a signé avec eux des traités de paix.
4) Lorsque les conseillers du président américain Harry Truman lui ont demandé en 1948 de reconnaitre Israël en tant qu’Etat juif, il barra « Etat juif » et écrit à la place « l’Etat d’Israël ».
5) Si les Israéliens veulent changer le nom d’Israël, ils doivent s’adresser aux Nations Unies.
6) Nous sommes déterminés à maintenir la dimension politique, et non religieuse du conflit.
LA FIN DU CONFLIT
Signer un accord de paix sur la base des résolutions de la légalité internationale, la solution des deux Etats, un accord au sujet de toutes les questions de statut permanent, mettra un terme au conflit, ainsi qu’aux revendications des deux parties, et pavera la voie de la réconciliation historique. |