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Écrit par Les communistes unitaires   
Vendredi, 04 Mai 2012 08:43
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Face au capitalisme en crise tenir le cap d'une nouvelle gauche
Pas de tambouille électorale - Nouvelle gauche
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Entre deux tours, en amont des législatives, et pour la stratégie et l'action à poursuivre, des textes et un débat :

- un article de Gilles Alfonsi, extrait du "gâteau" (dossier) du numéro 141 de Cerises (l'autre article "De l'anti-sarkozysme à un nouvel anti-capitalisme", de Bernard Calabuig, est déjà sur ce site)
- un échange entre communistes unitaires provoqué par la lettre publique de Martine Billard à Martine Aubry, évoquée également dans l'article ci-dessus.

Une nouvelle gauche en gestation face au capitalisme en crise

Une course de vitesse est engagée entre la montée en puissance, encore fragile, du Front de gauche et l’aggravation prévisible de la situation économique européenne et mondiale.

C’est peu dire qu’en utilisant le bulletin Hollande pour dégager Sarkozy, nombre d’électeurs n’auront pas voulu donner un chèque en blanc au candidat socialiste. Avant même le débat de mercredi soir, entendant ses propos sur l’immigration ou sur les drogues, beaucoup auront d’ailleurs été préoccupés par l’alignement sur des positions répressives. Objectif de diminuer l’immigration économique en mettant en place des quotas de travailleurs à accueillir. Expulsion des étrangers en situation irrégulière : « Les étrangers qui sont en situation irrégulière seront reconduits à la frontière. Je ne peux être plus clair. » (le manque de courage sur les centres de rétention, face à Sarkozy, a été édifiant). Opposition à l’idée formulée par François Rebsamen, responsable du pôle sécurité au sein de l’équipe du candidat, de remplacer le délit de consommation de cannabis par une contravention : « Le cannabis doit rester un interdit, donc la pénalisation est nécessaire. Rien ne changera de ce point de vue. » L’opportunisme du candidat socialiste sur ces sujets a de quoi inquiéter concernant tous les autres…

Vers un rebond de la crise ?

S’il est élu, François Hollande va rapidement être confronté d’une part à l’intelligence politique d’Angela Merkel et des dirigeants européens, d’autre part à la forte probabilité de nouvelles secousses de la crise financière. On peut interpréter les récents propos de la dirigeante allemande en faveur d’une relance de la croissance, reprenant une idée énoncée par le président belge du Conseil européen, Herman Van Rompu, de deux façons. La première est qu’elle envoie le message suivant à François Hollande, en substance : « Si vous êtes élu, je comprends que vous aurez besoin que nous fassions comme si nous allions renégocier les règles économiques… nous allons vous aider mais aussi vous amadouer ». La seconde est que les dirigeants européens ont en vue, notamment du fait de l’enfoncement de l’Espagne dans la récession, un nouvel approfondissement de la crise, qui nécessitera des mesures extraordinaires : il faut se préparer à réactiver le couple-leader franco-allemand pour y faire face.

François Hollande, conscient qu’aux yeux de beaucoup son projet ne propose pas une véritable réorientation de la politique européenne, a immédiatement répondu à Angela Merkel : « Rien que pour cela, la campagne aura été utile et, si j'en suis le vainqueur, encore davantage puisque j'irai encore plus loin [sic !]. Il y aura renégociation et il y aura un pacte de croissance ». Son message, lui aussi, peut être lu de deux manières. La première, politicienne, "Iil faut que je ramène quelque chose de sérieux à Paris, faute de quoi je ne serai pas crédible, je dois donc monter la barre". La seconde, plus au fond : "Je vois bien que je vais arriver dans un paysage chaotique, mon pacte de croissance sera la solution". Cependant, sa réponse à la lettre de François Bayrou aux deux finalistes de l’élection présidentielle met en avant son «  sérieux budgétaire », rappelant la promesse de « ramener l'équilibre budgétaire à la fin du quinquennat », tout en confirmant la volonté d’« une réforme fiscale d'envergure » destinée à « rendre à l'État les ressources dont il a été privé au bénéfice d'intérêts particuliers. »

Jusqu’à présent, nous pouvions résumer ainsi les intentions de François Hollande : naviguer entre sa promesses de renégociation du traité européen (le fameux "volet croissance") et son accord sur l’idée que la lutte contre l’endettement des États doit être au cœur de sa politique économique. Mais voilà que pourrait s’inviter au cœur de l’agenda européen un imprévu de taille : une déflagration économique mettant à terre les fausses solution à la crise des technocrates de Bruxelles.

Certains anticipent cette situation. Ainsi, Pierre Larrouturou (économiste proche de Michel Rocard, passé du PS à EELV, aujourd’hui sans carte) vient de lancer avec plusieurs intellectuels et personnalités un collectif "Roosevelt 2012". Il évoque un « possible effondrement du système économique », souligne que « le PS et l’UMP ne peuvent pas continuer à tout miser sur le retour de la croissance » et que l’on « ne pourra pas sortir de la crise sans s’attaquer radicalement au chômage et à la précarité ». Il formule une série de propositions autour de la mise en cause des « privilèges incroyables des banques privées dans le financement de la dette publique », de la lutte contre les paradis fiscaux, de l’organisation d’États généraux pour l’emploi pour « bâtir un nouveau contrat social »…

On retiendra que "Roosevelt 2012" prend, de fait, à contrepied François Hollande, qui fait de la croissance sa proposition phare vis-à-vis de l’UE ; mais, comme lui, le collectif ne met nullement en cause frontalement les traités européens, notamment celui de Lisbonne, et il est bien loin de mettre à l’ordre du jour l’appropriation sociale des moyens de production, les questions de pouvoir ou le renforcement nécessaire des politiques et services publics (et non leur seul maintien). Et de plaider pour un « consensus très large », en se référant à l’alliance du Conseil national de la Résistance « des gaullistes aux communistes, autour de mesures de justice sociale ». De fait, le propos, virulent contre le néolibéralisme, n’est nullement dans la perspective d’un dépassement du capitalisme.

En attendant que ce débat prenne corps, la composition du premier gouvernement sous la présidence de François Hollande, gouvernement de combat tourné d’abord vers les élections législatives des 10 et 17 juin, annoncera seulement sa tactique des prochaines semaines. Choisira-t-il un gouvernement ancré à gauche, afin de tenter de récupérer une partie de l’électorat du Front de gauche, alors que ces électeurs et d’autres pourraient être intéressés à manifester leur absence d’illusions et leurs exigences sociales ? Ou choisira-t-il un gouvernement techno, destiné à ratisser large du côté de François Bayrou, en sachant pouvoir compter sur de bons reports des voix de gauche au second tour ? Un peu des deux, peut-être ?!

Quels messages du Front de gauche ?

Pour le Front de gauche, la période est tout autant forte en potentialités que difficile en termes de messages à faire passer. Le premier message consistait à exprimer avec force le choix d’utiliser le bulletin de vote Hollande pour battre Sarkozy, sans esquisser là une entente de type gauche plurielle. La décision de ne pas participer aux grands rassemblements organisés par le PS entre les deux tours a permis d’aller dans ce sens, marquant l’autonomie du Front de gauche.

Le second message va consister maintenant à affirmer sa ligne pour les élections législatives : dans la continuité de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, le Front de gauche va porter des axes et propositions de ruptures avec le libéralisme, que relaieront ses députés. Contre l’affirmation qu’il faudrait choisir une rigueur de gauche contre l’austérité de droite, l’idée-clef est qu’il n’existe pas de possibilité d’une politique alternative qui n’engagerait pas le dépassement de l’ordre économique actuel. De fait, il s’agit moins d’infléchir la voie proposée par François Hollande que de confirmer la naissance d’une nouvelle gauche, portant un projet de rupture avec le capitalisme, que le résultat du Front de gauche au premier tour de la présidentielle a commencé à révéler.

Il faut espérer que le message ne soit pas brouillé par les négociations annoncées entre le Front de gauche - ou plutôt le PC et le PG, pour le moment - et le Parti socialiste pour avoir « des candidatures uniques de la gauche » dans les circonscriptions où existerait un risque d’absence de la gauche au second tour, en plus du désistement lorsque deux candidats de gauche et un de droite seraient qualifiés. Sur ce point, la lettre adressée par le PG au PS pour proposer la mise en place d’un « bouclier anti-droite » va-t-elle dans le sens, ou à l’encontre, d’une stratégie d’autonomie du Front de gauche ? On peut s’en inquiéter quand le PG propose au PS d’accepter une bonne représentation du FdG dans les candidatures uniques (« pour corriger dès maintenant les brutalités du scrutin majoritaire ») et de s’engager à ne voter aucune motion de censure déposée par la droite.

Troisième message, celui de l’invention d’un rôle original qui situe le Front de gauche, avec une position stratégique nouvelle : ni dans la majorité présidentielle ni dans son opposition, ni simple regroupement de protestation anti-crise ni aiguillon social du parti socialiste. Il s’agirait de promouvoir toutes les avancées émancipatrices et sociales, de réaliser la jonction entre luttes sociales et politiques institutionnelles, de favoriser un climat de conquête du pouvoir par le peuple, en s’affranchissant des contraintes d’une participation institutionnelle qui en l’absence d’un puissant mouvement de la société a phagocyté depuis des décennies les intentions de transformation. Notons qu’une telle option, qui se dessine actuellement dans les propos des responsables des composantes du Front de gauche, mais qui reste à préciser concrètement, rompt avec les craintes formulées de longue date par le NPA, sans pour autant abandonner l’idée que des avancées partielles soient possibles sans attendre le "Grand soir".

Reste que cette stratégie, pour avoir prise sur la société, doit d’une part s’inscrire dans le contexte immédiat des prochains sursauts de la crise, d’autre part continuer le travail d’éducation populaire pour mettre au goût du jour les termes positifs d’une alternative. Cela sans être parasitée par des messages contraires. Dans les - seulement - cinq semaines de campagne pour les législatives, il s’agira d’affirmer la nécessité d’une rupture politique, à construire par l’élargissement du Front de gauche, par les scores des 10 et 17 juin et au-delà des élections.

* Gilles Alfonsi


Nouvelle gauche - Pas de tambouille électorale

La lettre de Martine Billard, diffusée et en ligne sur le site du PG, figure également après la discussion ci-dessous.

Michele Kiintz-Tailleur, mercredi 2 mai
Ce texte m'interpelle quelque peu, pour ne pas dire qu'il me met mal à l'aise. J'essaie de dire en quoi.

1. Ce texte figure sur le site du PG et Martine Billard signe pour le PG.
C'est donc une démarche du PG en direction du PS.
Certes, chaque formation reste autonome au sein du FdG. Mais sur ces questions, c'est de fait et "en toute transparence" faire bande à part.

De plus, dans le premier paragraphe, MB écrit "Nous nous mobilisons". Un "nous" qui court le long du texte : le PG ? Or elle écrit à propos du bouclier électoral, juste avant la liste de conditions : "Nous vous le proposons sans conditions d’accord programmatique. Comme l’a fait déjà Jean-Luc Mélenchon en vue du deuxième tour de la présidentielle." Mais Mélenchon, lui, s'est exprimé comme candidat du Front de gauche.
Puis, point 3 de la liste, voilà clairement le FdG qui apparaît.
Et, avant dernier paragraphe "nous serons candidats sous nos propres couleurs". Quelles couleurs ? Front de gauche ou chacun sous sa banière ?
Jusqu'à présent il était question de candidatures du Front de gauche.
Et là où certains, comme à Rennes dans une circonscription, font cavalier seul il n'y a pas d'appel du FdG à voter pour ce candidat (...pas encore ?).

Je trouve ce méli-mélo d'adresse du PG au PS de "nous" et de Front de gauche bien ambigu.

2. Je pense d'autre part qu'il était possible, simplement, de rappeler les règles de désistement. Les points 1 et 2 le font.
Mais les points 3 et 4 : l'un entre dans une cuisine électorale style EELV/PS, l'autre anticipe sur des engagements sur la mandature, coupés d'une démarche globale, comme s'il s'agissait a priori de donner des gages au PS.

Je m'étais déjà inquiétée d'un tout petit article dans l'Humanité évoquant une démarche de J.L. Mélenchon, pas très clair, mais laissant penser qu'il y avait tractations avec le PS. Du FdG ?

La campagne des derniers mois, ce n'est pas cela. Sans illusion sur les tractations que d'aucun mèneront, je ne pense pas que nous nous battions à l'acu, à la fase, dans les assemblées citoyennes pour ce que j'appellerais, très schématiquement, de la cuisine électorale, ni que nous ayons à la cautionner.

Mais peut-être s'agit-il de ma part d'une surinterprétation.

Nanie Bellan, mercredi 2 mai 2012
Oui, j'ai perçu les mêmes interrogations.

J'ai le sentiment, que je ne peux prouver, que PCF et PG se rencontrent séparément avec le PS.
Mauvais point pour la pérennité du Front de Gauche.
D'où la demande de Clémentine, voir au bas de cet article du Figaro d'hier.

http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/05/01/01039-20120501ARTFIG00243-melenchon-la-poussiere-du-combat-n-est-pas-retombee.php

Frédéric Bouviolle, jeudi 3 mai 2012
Personnellement, je pense plutôt qu'après le bon résultat de Mélenchon au premier tour, c'est la lutte pour l'hégémonie au sein du Front de Gauche qui commence entre PCF et PG ... Ce qui est dans leur "nature" de partis et ne doit pas nous surprendre. Laissons passer les législatives, il sera bien temps d'en reparler après. Pour le moment, je partage l'objectif qui détermine la proposition : tout mettre en œuvre pour mettre droite et extrême-droite au plus bas à l'Assemblée ; le moment électoral a sa spécificité qu'il faut traiter comme telle, ce qui ne nous empêche pas de poursuivre le travail citoyen engagé avec en perspective les municipales qui sont probablement le moment où cette convergence FN-UMP va aboutir à des recompositions à droite. Ce serait surprenant qu'ils se résignent à laisser le Sénat à une majorité de Gauche pour toute la législature : ce serait laisser trop d'opportunités à un éventuel déploiement du mouvement populaire encouragé par une telle situation.

Gilles Boitte, jeudi 3 mai 2012
Je partage les remarques de Michèle et j'en ajoute une : l'assurance de Martine Billard laisse peu de place aux assemblées citoyennes.
La consigne aurait-elle changé ?

Laurence Léger, 3/5/2012
En ce qui me concerne, pour comprendre il manque un morceau du puzzle : une réunion était annoncée (hier matin) entre les différent(e)s parti(e)s du Front de gauche: que c'est-il passé ? quelqu'un a-t'il des éléments ?

Pierre Zarka, jeudi 3 mai 2012
En fait, je crois que de proposer d'empêcher au second tour un duel UMP-FN est plutôt bien vu. Ce qui rend la démarche si ambigüe,  et je partage donc les soucis exprimés, c'est que les ambiguïtés de la campagne concernant ce qui devrait nous défaire de la normalité institutionnelle et de toute démarche visant à réguler le capitalisme nous rattrapent. A mon avis, cela rend surtout urgent de se mettre à davantage travailler le fond  idéologique de nos propos. C'est la même chose à propos -s i vous les avez lus dans l'Huma - des travaux du CN du PC. Vue l'expérience du PC entre 1984 et  1986 (je veux dire son impuissance), c’est-à-dire lorsque le PS était au gouvernement sans sa participation, la question du comportement à l'Assemblée nationale est aussi une question à éclairer. Mais surtout, nous avons besoin d'agir pour dégager le Front de gauche d'un enfermement dans les logiques institutionnelles dominantes qui ont été pensées pour  empêcher toute alternative concrète et de se tourner encore plus résolument vers la constitution d'une mouvement populaire de nouveau type. Ce qui, hier, pouvait paraître théorique et abstrait nous a aujourd'hui rattrapés.

Gilles Alfonsi
, jeudi 3 mai 2012
Pour aller dans le sens des remarques déjà faites sur la liste, il me semble que le point 3 et le point 4 proposés par Martine Billard vont à l'encontre de l'affirmation de l'autonomie du Front de gauche vis-à-vis de la future majorité socialiste (non encore élue).

Frédéric Bouviolle
, jeudi 3 mai 2012
L'autonomie ne relève pas du discours, mais de la pratique, du point de vue des rapports que les futurs élus produiront avec le mouvement social.

Faire en sorte d'avoir le plus grand nombre d'élu-e-s à l'occasion de la séquence électorale que cloront les législatives ne peut pas contrarier nos objectifs de long terme. Rien n'empêche la FASE d'avoir un avis sur la démarche et de l'exprimer en toute transparence, tout comme le fait Martine Billard.

Et je ne vois pas qui peut imaginer que des élus du Front de Gauche pourraient voter une motion de censure déposée par cette droite dont la lepénisation est maintenant un processus trop engagé pour qu'un retour en arrière puisse être envisagé. Le point 4 ne trahit rien que tout un chacun ne sache déjà.

Gilles Alfonsi, jeudi 3 Mai 2012
L'autonomie relève du discours et de la pratique, entremêlés.  Si on commence, alors qu'on est en train de mettre en place une stratégie d'autonomie (ce qui n'est pas simple), à se lier au PS par un engagement (un discours) de principe, on se contredit. On se lie au lieu de se délier. Si  on le fait dans le but de récupérer quelques postes de députés - comme c'est  le cas -, pour moi ça craint.

S'il va de soi que les élus du FG ne voteront pas une motion de censure déposée par la droite, pourquoi en faire un élément d'un bouclier anti-droite ? Je connais la réponse : pour avoir en récompense quelques postes de députés. Est-ce de la politique telle que nous la voulons ?

Michèle Kiintz, vendredi 6 mai 2012
La  réunion qu'évoque Laurence a été reportée à lundi, d'après mes informations.

Si cela tient aux réactions des uns et des autres à ce qui se décide entre petits états-majors, je dirais que cela me conforte dans l'idée qu'il faut plus que jamais être clair et public dans nos exigences et nos alertes :
- dans le rappel de notre conception de la politique, des relations entre forces politiques, y compris celle que représentent les très nombreux non-organisés
- dans le rappel de la nécessité de poursuivre le mouvement amorcé dont nous pensons qu'il doit permettre l'engagement de toutes et tous à égalité et donc la crédibilité des possibles : un rassemblement qui se fasse sur le projet de transformation de la société. Cela inclut ces nouveaux rapports entre acteurs sociaux-politiques.

Concernant les réactions au PC ou au PG - on pourrait d'ailleurs élargir la liste-, provoqué par cette lettre Billard/Aubry : il ne s'agit en aucun cas, pour moi, de rester nous aussi figés sur une critique qui consisterait à ne pas voir ce qui bouge. Pointer l'immobilisme ou la persistance des conceptions à dépasser ne doit pas servir le repli de notre part, mais uniquement à expliciter ce vers quoi nous voulons aller.  C'est pour cela aussi  que je pense que nous avons intérêt à dépasser la critique d'une formation politique précise (notre fixation sur un parti ne tient-elle pas beaucoup au vécu de chacun-e, qui peut enfermer dans une expérience).
Nous avons, il me semble, intérêt à affiner ce que l'on a appelé la "forme-parti" en en reliant la compréhension à l'ensemble de ce qui, dans la société, dans ses structures institutionnelles, son histoire, a contribué à  forger cette forme-parti.  Et y compris les champs de vie et d'activité qui peuvent paraître éloignés des "partis" au sens strict du terme : je pense à la vie familiale, l'éducation des enfants, la conception de l'autorité - parentale dans la famille, de l'enseignant adulte à l'école, le supérieur hiérarchique à l'entreprise ou dans un service public.  Cela rejoint le travail mené et à poursuivre sur émancipation-égalité/domination-discrimination, délégation/représentation, etc.

Gilles Boitte demandait (avec un sourire... inquiet ?) « La consigne a-t-elle changé ? »... Une consigne ne se discute pas, n'est-ce pas : c'est comme ça, quel que soit le domaine. Or nous ne voulons pas de consigne. Posons ensemble et à égalité avec forces partenaires et individu-elle-s  nos balises et faisons les évoluer au fur et à mesure des changements obtenus, pour aller plus loin.

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Message du PG diffusant la lettre de Martine Billard et cette lettre :

Veuillez trouver ci-dessous une lettre de Martine Billard, co-Présidente du Parti de Gauche, à Martine Aubry, première secrétaire du PS.
Nous y faisons au Parti socialiste la proposition d’un bouclier antidroites pour les législatives :.

A l’attention de Martine Aubry

Première secrétaire du Parti Socialiste ...
Paris le 1er mai

Chère camarade,

Le résultat du premier tour de l’élection Présidentielle montre que si la gauche fait le plus haut score cumulé depuis 1988, les votes des droites UMP, Front national et Modem, restent les plus nombreux. De plus, la tonalité de la campagne d’entre deux tours montre une préoccupante “extrême droitisation” de l’UMP. A l’initiative de son candidat, l’UMP reprend une à une les analyses et les propositions du
Front National. Nous nous mobilisons avec énergie pour faire battre Nicolas Sarkozy et sa politique empoisonnée.

Après les Présidentielles, cet affrontement avec le Front National et une droite sous influence va s’intensifier à l’occasion des élections législatives. Nous comptons bien assumer cette bataille frontalement comme nous l’avons fait tout au long de la campagne présidentielle. Il nous semble que toutes les forces de gauche doivent s’y engager en organisant entre elle une coopération loyale et respectueuse, face au danger. Notre objectif doit être de battre le plus grand nombre de candidats de droite et d’extrême droite tout en assurant la plus juste représentation possible des différentes composantes de la gauche. Nous proposons un accord national plutôt qu’une discussion au cas par cas
localement ou les considérations et contentieux liés aux personnes pourraient être destructeurs.

Nous y sommes prêts.

Pourtant nous sommes en concurrence avec vous et nous n’avons pas le même programme. Mais de même que nous nous mobilisons pour battre Sarkozy à l’élection présidentielle en utilisant sans réserve le bulletin de vote de François Hollande, nous vous proposons de former un bouclier électoral commun contre la droite et l’extrême droite.
Nous vous le proposons sans conditions d’accord programmatique. Comme l’a fait déjà Jean-Luc Mélenchon en vue du deuxième tour de la présidentielle.

Voici les termes de ce « bouclier anti droites » que nous te proposons pour les législatives :

1 – En cas de triangulaire impliquant deux candidats de gauche, le plus mal placé se retire au profit du premier. En cas de triangulaire droite-FN-gauche, le candidat de gauche se maintient.

2 – Là où la gauche risque d’être éliminée du second tour, nous vous proposons un accord national pour des candidatures uniques de la gauche au premier tour. Nous vous faisons la même proposition dans le cas où un accord de premier tour permet de se placer dans les deux premiers d’une triangulaire.

3 – Notre proposition ne doit pas conduire à aggraver une sous-représentation du Front de gauche dans cette élection. Si c’était le cas, la mobilisation en pâtirait lourdement. Nous vous proposons de partir de l’une de vos propres propositions pour répondre à cette question. François Hollande a inscrit dans son programme une loi instaurant une proportionnelle partielle pour l’élection des députés l’assemblée. Nous proposons de l’anticiper dans la répartition des candidatures uniques pour corriger dès maintenant les brutalités du scrutin majoritaire. Ainsi toutes les forces de gauche, et donc leurs électeurs, auront la garantie minimale d’être représentées à l’assemblée nationale.

4 – Les députés de toute la gauche s’engagent à ne voter aucune motion de censure proposée par la droite.

Nous avons voulu rendre public les termes de cette proposition parce que nous croyons que la transparence sert la mobilisation de nos électeurs. Certes nos choix ne nous permettent pas de gouverner ensemble et nous serons candidats sous nos propres couleurs dans l’immense majorité des circonscriptions. Mais cela ne doit jamais empêcher de rechercher la plus grande efficacité possible pour battre la droite et l’extrême droite et assurer la juste représentation de chacun.

Nous espérons donc pouvoir travailler à sa conclusion très rapidement.
Nous y sommes prêts dès cette semaine.

Avec notre meilleur salut de gauche,

Martine Billard
Co-présidente du Parti de Gauche

 
 

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