| De l’Anti Sarkozysme à un nouvel Anticapitalisme |
|
|
|
| Écrit par Bernard Calabuig |
| Vendredi, 27 Avril 2012 15:51 |
|
"Quelques réflexions suite à ce premier tour". De l’Anti Sarkozysme à un nouvel Anticapitalisme Les questions qui sont aujourd’hui posées au Front de gauche : affirmer sa vocation majoritaire, le Front de gauche n’a pas pour objectif d’être un aiguillon de la social-démocratie, il doit s’atteler à rassembler largement, majoritairement la gauche sur une politique alternative. C’est par rapport à cet objectif que nous devons travailler. Se pose alors la question, comment y parvenir ? Trop ou pas suffisamment de radicalité ? Certains pensent que nous en faisons trop sur la radicalité et c’est cela qui restreindrait les bases du rassemblement, autrement dit le haut niveau des solutions pour sortir de la crise et rompre avec le capital ne serait pas acceptable pour tous, et dès lors aurait plus tendance à effrayer qu’à rassembler, donc pour parvenir à un rassemblement majoritaire, nous devrions en rabattre, baisser la barre. Je ne partage pas ce point de vue, et je suis d’accord avec Pierre Zarka qui écrit « Plus on souffre moins on supporte l’existant » et « tout ce qui donne le sentiment d’être dans la conformité ne mérite pas le déplacement ». C’est quoi au juste ce que nous appelons la radicalité ? Un slogan, des phrases ronflantes de dénonciation du capitalisme ou un corpus théorique et idéologique visant à prendre sur toutes les questions le contre-pied du capital ? La capacité sur le plan idéologique et politique de faire vivre en permanence, l’alternative, c'est-à-dire l’autre regard, l’autre point de vue qui s’inscrit dans la cohérence d’un projet de société, qui doit être identifié par le plus grand nombre comme l’autre société, caractérisée comme sociale, démocratique, solidaire, citoyenne. Faire vivre dans les discours et dans les luttes un nouvel anticapitalisme, qui place au centre sur toutes les questions le clivage capital/travail, qui rend évidente notre volonté de basculer dans autre chose. L’antisarkozysme, a, depuis 5 ans, été le ressort de toutes les mobilisations, le 6 mai, nous souhaitons tous que le Président candidat soit dégagé, si cela arrive nous serons nombreux à nous en féliciter, car sans atteindre cet objectif rien n’est possible. Cependant, quel que soit le résultat des élections, les puissances financières seront toujours là, bien décidées à appliquer leurs remèdes : libéralisation de l’économie poussée jusqu’au bout, réduction du poids de l’État, concurrence, privatisation… Et nous irons dans les mois qui viennent vers un inexorable affrontement, les plans de rigueur seront mis en œuvre et le choix pour notre peuple sera : acceptation ou refus. Comment nos dirigeants vont-ils sortir des contradictions les plus actuelles que développe le capitalisme contemporain : avec d’un côté les marchés et l’exigence d’austérité, de l’autre l’impératif de relance pour éviter la spirale de la récession ? Il n’y a pas d’autres voies que celle de subir la saignée ou de rompre avec les logiques qui ont conduit à la financiarisation. De fait, il y aura une radicalisation. L’immense acquis du Front de Gauche est d’avoir remis le peuple dans la rue, d’avoir réussi à unifier les forces de la radicalité éparpillées et en voie de disparition depuis 2007. Il doit à présent devenir le pôle d’une résistance inventive et constructive pour favoriser une contre-offensive de notre peuple. Attention alors de ne pas tout attendre des institutions, de ne pas reproduire les erreurs du passé, une majorité de députés, même déterminés, ne sortira pas le pays des griffes de la finance sans l’irruption du peuple sur la scène politique. Les élus doivent être des partenaires et non des sauveurs suprêmes. Plus le groupe Front de gauche sera fort à l’Assemblée nationale et plus notre peuple disposera d’appuis, de partenaires dans le combat contre les puissances financières et les politiques de soumission à leurs intérêts. Pour jouer ce rôle les élus du Front de gauche ne devront être (dans l’hypothèse d’un gouvernement de gauche) ni dans l’opposition ni dans la majorité présidentielle. Ils sont les partenaires sur lesquels on peut compter pour favoriser le mouvement conscient et autonome de notre peuple dans l’action pour ses droits et son émancipation (C’est comme cela que j’ai compris le slogan de campagne « Prenez-le pouvoir » qui ne doit pas se transformer en « Donnez- nous le pouvoir ».) Le Front de gauche doit pérenniser son existence, marquer le paysage politique en dehors des périodes électorales (la révolution citoyenne ce n’est pas la même chose que la révolution par les urnes, qui fut pendant un temps le slogan du Parti de gauche.) L’élection est un moment important et particulier dans la lutte des classes et non un aboutissement. Aubagne, le 27 avril 2012 |



