spacer.png, 0 kB
Assemblée générale ACU - Contributions 1 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Les communistes unitaires   
Jeudi, 17 Novembre 2011 18:02
Index de l'article
Assemblée générale ACU - Contributions 1
Lévy - Kiintz - Larue
Duguet - Alfonsi
Zarka - Eyraud-Chaume
Mourereau - Delmas
Toutes les pages

Assemblée générale
Saint-Ouen 9 et 10 décembre

Premier volet de contributions - 8/11/2011-17/11/2011.

Dans l'ordre chronologique : P. Zarka - A. Tanvez - F.M. Bégoc - M. Mouréreau - L.Lévy - M.Kiintz - S.Larue - V.Duguet - G.Alfonsi - P.Zarka - L.Eyraud-Chaume - M. Mourereau - C. Delmas

icône du pdf

Pierre Zarka, 8/11/2011

L’aiguisement de la crise, les mesures d’austérité provoquent un élargissement et un approfondissement des manifestations d’hostilité. Mais pas seulement. C’est la nature des mesures qui commence à être mise en cause : leur spirale contre "la croissance" (même si ce concept est à revoir), la mise en cause non seulement de l’injustice mais aussi de la nocivité des marchés financiers et de leurs pouvoirs. Même les commentaires les plus plats parlent d"attaques des marchés" ; dans Le Monde de lundi, Arthuis se paie le luxe d’évoquer la nécessité que l’État participe aux décisions des banques ; l’idée de faire participer "les plus riches", les "entreprises" est là ; Hollande "gauchit" un tantinet son discours pour tenir sa place… Évidemment ces derniers aspects sont des "trompe-l’œil". Mais justement, il faut s’interroger sur leur signification. À mon sens, l’effritement de la pertinence du capitalisme fait appel à la question : quoi d’autre ? À mon avis, ni le programme du Front de gauche, ni les interventions de Mélenchon, même si elles tendent à se muscler, ne mettent les réponses au niveau de l’interpellation de fait. Je me trompe peut-être, mais pour tout dire, je crains que nous sous-estimions un poil le niveau des exigences et que nous en restions à la condamnation de l’austérité. Mais ce qui évolue est que cette condamnation ne fait plus tout à fait discrimination entre tentation d’aménagement du capitalisme et rupture. Rupture entre "faire payer le capital" ou maîtriser les leviers de l’économie ? Entre "répartition des richesses" ou maîtrise de l’économie? Entre "la parole au peuple" ou arracher les pouvoirs des mains du capital ET de l’État ?

En quoi consiste donc "l’apport communiste" ? À déplacer le curseur de la taxation du capital ? À taxer les délocalisations ? (Tiens, cette idée fait son apparition au MoDem). En automne dernier, il y avait un fossé entre l’expression de la colère et l’apathie politique. Aujourd’hui, il y a un fossé entre le discours qui tente de capter l’exaspération et ce que cette dernière cherche, entre la profondeur de la crise et les contours du débat.

Je crois que nous sommes sacrément interpellés quant à notre conception du "déjà là" du communisme. Ceux qui en étaient, avaient, en leur temps, reproché au PC de ne pas tenir compte d’être en-deçà  du "déjà là". N’y a-t-il pas un contexte différent du printemps dernier ? Comment se met-on au niveau ? "Être ensemble", "mêler le social et le politique" sont des points de repère de cet apport. Mais cela ne fait ni le tour de "pour faire quoi". Ni de comment passer d’aujourd’hui à autre chose. Il ne s’agit pas de prétendre avoir réponse à tout, mais notre conception de la politique n’implique pas d’avoir ces réponses AVANT de poser la question. C’est du mouvement concret autour d’autres problématiques que viendront les réponses. Je crois redire ce que nous avions dit de manière abstraite il y a quelques années, le moment du passage à l’acte me semble venu.

Bref, je trouve actuel et même plutôt urgent de nous mettre au travail et de le faire publiquement comme nous l’avions dit au moment de notre création.

Armelle Tanvez, 8/11/2011

Je pense en fait qu'il y a plein de débats et d'idées qui sont présents et qui commencent - même très très faiblement - à avoir un tout petit espace, ce qui révèle en soi qu'ils existent. Je pense aussi que ce qui est posé, c'est aussi "notre" rapport ( qui est ce nôtre ? - je n'en sais vraiment rien) à tous ces mouvements où des pratiques émergent, où des idées se discutent individuellement et collectivement. Ne pas être en dehors de cela, aider à voir que partout surgit la même question, et ces questions sont profondes : oui, pour quoi faire - dans quel monde et avec quels rapports humains dans toute leur complixité - et est-ce possible ou plutot comment c'est possible ? Je crois que ça repose action et théorie en même temps / le vivre ensemble et le cadre pour y arriver (quel droit ?, quelle république ? Et je pense aussi quelles valeurs ? ) Pour ma part, j'ai l'impression de chercher partout, et cela, c'est nouveau. Nous avons besoin d'échanges politiques francs, argumentés et respectueux dans l'espace public. Si les cocos unitaires peuvent contribuer à cela, je pense que ce sera utile.

Jacques Passerat, 9/11/2011

Je partage avec Pierre que  l’effritement de la pertinence du capitalisme dans la population fait appel à la question : quoi d’autre ?
Confrontés à cette question, nous pouvons "gauchir" de façon significative notre discours, parler de « maîtriser les leviers de l’économie », « d'arracher les pouvoirs des mains du capital ET de l’État ».

Mais ce faisant nous restons toujours dans le domaine de propositions d'ordre structurel et économiques, dans la verticalité de l'action politique soumise  au préalable de prises de pouvoirs et de délégations de pouvoirs.
En l’occurrence, même si les gens entendent notre discours, voire pour beaucoup le partagent, ils croient de moins en moins en sa faisabilité.

En cause : la fatalité soigneusement entretenue de l'économisme, la puissance supranationale des forces de l'argent, la méfiance voire le rejet de la classe politique, le vote utile...

De  fait, la radicalité supposée de notre discours risque de demeurer de l'ordre du discours radical, sans grande influence sur le mouvement populaire et le rapport de force.

Passer aujourd’hui à autre chose pour répondre à la situation présente consisterait à "chapeauter" nos propositions structurelles et économiques d'un projet résolument politique. Un projet, un discours, un comportement et des actes basés sur les valeurs fondamentalement anticapitalistes, antilibérales et de véritable libération humaine que sont les valeurs de justice, de fraternité, de solidarité, de vérité.
Un discours de portée universelle et civilisatrice susceptible de s'installer durablement dans l'horizontalité de  notre action, de cultiver l'immanence du politique dont est porteur chaque individu, de régénérer la démocratie.

C'est à mon avis le seul moyen susceptible de créer le rapport de force politique, incontournable pour s'inscrive efficacement dans la verticalité de l'action nécessaire aux avancées structurelles, économiques et sociales.
Sommes-nous mûrs pour cela ?

François-Marie Bégoc, 8/11/2011

Je crois utile que soient nombreuses les réponses à :
- quoi produire et comment ? Comment le mouvement social et les sensibilités politiques polarisées sur une alternative au néo-libéralisme interviennent-elles sur cette question primordiale ? Comment aller plus loin ? Comment subvertir le pilotage de la planète par quelques dizaines de sociétés mondiales ?
- quelles politiques alternatives mettre en oeuvre dans la zone euro et dans l'Union, pour quelles relations avec les pays émergents et les pays laissés pour compte ? Comment amplifier la mise en cause des tributs exigés par les groupes financiers ?
- comment aller au-delà de la "démocratie participative" ?
- quelles alliances de quels groupes sociaux constituer contre ce "1%" qui dicte les lois de la marche du monde en dépit de tous les cataclysmes ?

Michel Mourereau, 9/11/2011

Ainsi que cela est souligné, notre difficulté, cent fois rappelée, est bien celle de l'État et de sa gestion.

Le rôle de l'Etat ne devrait pas être de diriger mais bien de gérer, de coordonner les différents secteurs d'activité, eux-mêmes largement dirigés, orientés par les salariés mais pas seulement.

Le passage de l'État gérant "loyalement" les intérêts du capital à l'État gérant dans l'intérêt de tous est une première étape, depuis GOTHA. Pas franchement nouveau.

Passage obligé, théoriquement provisoire, immédiatement phagocyté par la délégation de pouvoir pour une raison pratique : il faut une loi (= une décision de tous, ou de leurs représentants, sauf révolution) pour aboutir à ce transfert de responsabilité décisionnelle...

Je crains fort que le calendrier actuel focalise, et durablement, les esprits. La preuve : la question des législatives (2ème élection du calendrier) ratisse très large. Faut-il s'en plaindre ? Je ne crois pas. Je crois que la radicalité des propositions, notamment sur les questions financières, est capable de mobiliser ; elle est susceptible, du même élan, de conduire à poser les questions qui lui sont liées : démocratie économique ET démocratie politique, mise en question ouvertement polémique de la délégation de pouvoir sans se leurrer sur l'ampleur, à mon sens très surestimée sur le terrain, de la "démocratie-citoyenne". Ce qui ne signifie pas qu'il faille s'en détourner.

L'État apparaît toujours "le COEUR DU POUVOIR". Le film L'exercice de l'État est édifiant.


Laurent Lévy, 13/11/2011

Lorsque la question s’est posée d’entrer dans le Front de gauche – pour le transformer –,  j’avais émis un scepticisme appuyé à l’encontre de cette idée. Il est sans doute temps d’examiner les mérites de cette expérience et d’en tirer quelques leçons provisoires. Sur le fond, et je le regrette, il me semble que mon scepticisme était bien fondé. Nous n’avons pas modifié la nature du Front de gauche, qui demeure une coalition de partis à visée électorale, et il semble clair que plus nous avancerons dans la campagne, moins il sera possible d’opérer la transsubstantiation que nous attendions de notre participation. Les "assemblées populaires citoyennes" sont de simples "assemblées populaires du Front de gauche", n’attirant, même là où elles sont le plus réussies, que des sympathisant-e-s a priori dudit Front de gauche. Plus cela ira, plus elles seront dans le fond ce que le PCF souhaitait qu’elles fussent, des "comités de soutien" aux candidats ou des "collectifs électoraux", dans lesquels l’échéance de 2012 est l’essentiel de l’activité politique. Or, s’il y a une urgence politique, c’est de faire valoir que l’horizon de 2012 est quelque chose d’anecdotique, de secondaire au regard des nécessités d’un mouvement de masse qui, en luttant contre les politiques d’austérité imposées aux peuples, peut faire émerger une nouvelle logique politique et sociale.

Par un mécanisme tout naturel, lié au rapport des forces idéologiques au sein de la gauche radicale, c’est nous et non nos partenaires qui sommes en passe, même à notre corps défendant, de changer de nature pour devenir un simple (petit) parti au sein d’une coalition dans laquelle la politique est massivement conçue suivant la forme-parti, délégataire et séparée de la société. Et les précautions que nous pourrions prendre pour ne pas le devenir seraient autant de cautères sur une jambe de bois, car l’essentiel est ici dans la place réelle que nous occupons dans le "champ" politique, qui est celle dans laquelle nous sommes vus, évalués, considérés. Le peu d’influence que nous aurions pu avoir pour changer le sens de la politique dans la conscience commune est désormais obérée, et même si cela se traduisait par l’agrégation de nouvelles forces, cette agrégation se ferait certes avec nous et à notre profit, mais contre notre projet initial, qui était entre autres de contribuer à ce que le rapport de la politique à la société soit compris différemment. Nous aidons aujourd’hui à ce qu’il soit compris toujours pareil, et c’est dommage.

Michèle Kiintz, 13/11/2011

Grosso modo, je considère que les partis du FDG, anciens ou récemment constitués, demeurent fondamentalement pris dans la gangue de la tradition institutionnelle et de la culture du parti-guide, du leader charismatique etc. : tout ce qui pèse dans le sens électoraliste, la tendance chez beaucoup de leurs militants à réduire, dans les tracts, les assemblées citoyennes à des comités de soutien auxquels est offert sur un plateau un programme dont on peut "discuter", alors même que la une de couverture ne comporte plus « populaire et partagé ». Bon. Je ne pense pas que celles et ceux, parmi nous, qui sont sortis de ces structures, précisément pour toutes ces raisons, se fassent beaucoup d'illusions. Est-ce pour autant à prendre ou à laisser ? Sommes-nous « en passe de changer... » ? Je ne le vis pas ainsi. Et nous ne sommes pas, par exemple, celles et ceux qui, sur telle ou telle liste, s'enferment dans les discussions strictement électorales, les comptages de points avec PC ou PG. C'est sans doute pour cela qu'il y a réellement des assemblées citoyennes qui ne sont pas des comités de soutien.

On peut considérer que les mots sont des paroles dans le vent, ou que « les mots sont importants ». Ce qui se pointe dans les discours d'un P. Laurent ou d'un Mélenchon, dans les rencontres, plus encore avec la GU ou même dans les frémissements d'un courant du NPA, ce n'est pas anodin, ce n'est "que" mais c'est la flexion face aux réalités : quel que soit le degré de conviction qui les porte, peu importe, c'est, même par pragmatisme, la prise en compte des vibrations populaires, des exigences qui se font entendre - encore informelles ou éclatées, indignées et prometteuses, qui peuvent - pourraient - « faire émerger une nouvelle logique politique et sociale », mais tout aussi bien retomber dans la déception, l'amertume, le nihilisme. Tout comme une amie disait du mouvement Occupy Wall Street que ce pouvait être un brandon allumant le feu ou retombant en cendres. Prenons en acte, attachons-nous à ce que cette parole indignée fasse force politique, partout.

Il y a eu un mouvement de masse sur les retraites. On en a dit la montée d'exigences politiques, encore bien insuffisantes. Ce n'est pas la "masse" qui importe, mais ce que le mouvement de masse porte, comment il se considère lui-même : revendicatif seulement, syndical et déléguant ensuite "aux politiques" la mise en forme de ses revendications ou acteurs de ses exigences ? Comment et dans quels espaces contribuons-nous à favoriser la transformation en politique de ce qui reste un mouvement de masse revendicatif et protestataire ? Dans toutes les occasions, si possible. Les assemblées citoyennes en sont. Là, comme ailleurs, nous tentons avec nos moyens, restreints, de faire en sorte que cette montée du politique, s'il intègre le temps électoral, ne lui soit pas soumis. On ne peut pas d'une pichenette évacuer ce temps électoral, en le déclarant "secondaire", "anecdotique" : il existe. Et nous n'en sommes pas à ne pas avoir d'élus à élire. Les élus partenaires, ça me va : on les désigne quand, comment ?

Dans le communiqué sur la Grèce1, nous avons marqué les limites du référendum, mais aussi ce que signifiait d'impact des luttes grecques et de crainte de la part des libéraux : là aussi le temps électoral aurait été un outil, si le mouvement de masse était encore plus fort que les manoeuvres de l'UE et consorts. Il ne m'a pas semblé, de ce que j'ai lu, que les Grecs en lutte auraient boudé ce temps ?

Quant à ce que nous faisons "ailleurs", mais sans coupure avec la vie politique - même celle du "champ" institué - c'est par exemple Cerises, Altercommunistes, et les implications ici et ailleurs. Et là, il y a besoin de forces, de contributions.

La situation est difficile, peu enthousiasmante. Raison de plus pour continuer à apporter son grain de sel, de poivre, un peu de sa force - tant qu'il en reste. Après, il est important que chacun-e mette son énergies là où il y trouve utilité et plaisir, c'est aussi une condition d'efficacité. J'attends que l'AG de l'ACU soit, dans sa préparation - sous forme de contributions et d'aide matérielle - un temps de confrontation dont je sorte avec un plus à engranger dans mon sac à penser et agir.

Sylvie Larue, 13/11/2011

Cela fait à peine 6 mois que la Fase a rejoint le FDG. Peut-on espérer de grandes évolutions en si peu de temps ?
Je crois qu'il y aura des expériences différentes en matière d'assemblée citoyenne selon que l'on considère qu'elles sont ou non souveraines. Notre expérience à Rennes, à partir d'un lancement par la Fase seulement, me semble intéressante. Je retiens que des camarades qui militent depuis longtemps au sein du collectif de soutien aux personnes sans papiers ont décidé de s'investir pour la première fois dans un espace politique.
Ce qui est sûr, c'est que si nous avons été amenés à  lancer cette AC sans les autres, c'est que nous n'en avons pas tous la même conception, puisque le PCF souhaitait réunir des AC par circonscription, à partir du moment où les candidatures aux législatives étaient bouclées.

Il y aura donc qq frictions... mais du moment où les débats seront publics, ils ne relèveront plus de la seule confrontation entre organisations.


Vincent Duguet, 13/11/2011

Je viens de lire la contribution du collectif national d’animation pour l’Assemblée générale de décembre 2011. Pour essayer de ranger ce que je pense, je répondrai aux trois questions finales.

1) quelle ambition voulons-nous porter ?
Je comprends ici qu’il s’agit du « projet » général et global. Pour ma part, je reprendrai le sous-titre de la publication passée des communistes unitaires de Bondy : « Agir pour un monde sans exploitation ni domination ». Je dirais qu’un communiste sert à faire du communisme, à l’inverse de la triste adaptation que j’avais constatée au pcf, où les communistes devenaient chef du personnel dans leurs sections ou leurs mairies, et combattaient l’émancipation sociale si nécessaire pour leur profit personnel ou celui de leur organisation.

Je constate que notre entrée dans le Front de gauche (je n’y étais pas favorable) ne nous a pas aidés à aller dans ce sens : pour moi, en y entrant, nous sommes de fait sortis de notre interrogation sur cet ailleurs qu’est l’ensemble du mouvement social et citoyen qui ne s’y reconnaît pas… Ne fallait-il pas aller au rythme de ce mouvement-ci plutôt que de rejoindre le cartel des partis ? Ne fallait-il pas exister au service de ces inorganisés-là plutôt que dans cette nouvelle institution politique qu’est le Front de gauche, tandis que nous n’y sommes dotés que d’un rapport de forces minime parmi des forces qui ont les défauts des partis hégémoniques sans avoir même la modestie de leur faible influence ? Qu’avons-nous accéléré en privilégiant de fait ce montage sur une construction politique citoyenne réelle ? Je crains que nous n’ayons accéléré, et la FASE avec nous, que notre retour dans le giron politique habituel, essentiellement constitué autour du partage du pouvoir par les vieux hommes blancs (je ne revendique pas cependant que le même système tourne à l’inverse exclusivement pour de jeunes femmes noires, mais ce n’est pas le risque aujourd’hui).

Je me considère pleinement communiste, comme le sont les libertaires, comme s’intitule le courant radical de la gauche, comme le sont ceux qui agissent pour des sociétés sans exploitation ni domination. Mais où en sommes-nous des expériences « communistes » ? Où en sommes-nous de l’autogestion ? Où en sommes-nous des expériences radicales ? Pour évoquer une expérience récente, je trouve plus de communisme dans la cantine autogérée de la Rôtisserie que dans les comptes rendus du Front de gauche. Je me sens plus en phase avec cette transformation profonde chez les Alternatifs auquel j’ai d’ailleurs adhéré que dans nos relations toujours épineuses avec nos partenaires (aussi peu émancipés qu’émancipateurs).

Pour revenir à l’ambition, elle est pour moi de rendre notre peuple acteur et concepteur d’une appropriation des pouvoirs, aboutissant s’il le souhaite à une orientation alternative au capitalisme. A la question de l’ambition, je dirais que l’élection de Hollande pour mener une politique sociale-libérale a pour moi peu d’attrait, même si la défaite de Sarkozy sera toujours bonne à prendre. Et ce n’est pas le Front de gauche qui se préoccupera de rendre les habitants acteurs de leurs luttes plutôt que soutiens de ses candidats (et là, c’est sans doute mal parti). Toute la question est dans l’après, et rien n’est réglé de ce point de vue : serons-nous vus par les mouvements sociaux et citoyens comme des partenaires leur permettant de conquérir des pouvoirs ?

2) que voulons-nous faire ensemble ?

La question me semble supposer de choisir, et que nous ne voulons pas nécessairement tout faire ensemble.

Constatant que je ne suis pas d’accord avec le choix d’entrer au Front de gauche qui occupe aujourd’hui une place importante dans le travail de l’ACU, que reste-t-il d’autre à faire ? Pour moi, le travail autour de l’émancipation est toujours intéressant. Nous pouvons le faire ensemble.

D’autre part, si je repense à mon expérience dans le cadre de l’association « Bondy autrement », la mise en place d’outils techniques (tirage, finances, etc.) permettant à des projets de se réaliser est précieuse : après la campagne Bové, ce sont les Alternatifs qui ont été capables de nous aider localement. Quand l’ACU de Bondy a été en difficulté pour sortir son mensuel, nous avions souhaité l’élargir  à l’échelle du 93, cela n’a pas été possible, du coup nous avons arrêté, déjà accaparés par le travail unitaire dans le cadre de Bondy autrement.

J’ai souvent constaté que l’intérêt d’un groupe, sa cohésion, ne repose pas sur le corpus commun (on aura en tête les déchirements entre militants se revendiquant de l’anarchisme ou du trotskysme), mais de l’intérêt que les uns et les autres ont à rester ensemble (Valls et Filoche restent ensemble au PS par exemple). Dans ce que nous pouvons faire et qui constitue sans doute un intérêt partagé, il y a, selon moi, la réflexion autour des questions clés de l’émancipation : le travail, les genres, les territoires, le pouvoir, la nature, l’internationalisme.

3)      Quelle feuille de route dans la prochaine période ?
Bien sûr, si tout cela convient, nous pouvons parler d’un calendrier.

Dans les tâches pratiques urgentes, je pense aussi que l’ACU pourrait intervenir avec profit pour que la FASE soit bien une fédération, ouverte à sa variété, sans une « ligne générale » martelée avec une lourdeur que ma jeunesse m’a évité de connaître, même au PC, c’est dire.

J’essaierai d’être présent à l’AG, preuve que je pense encore possible et utile le travail sur ces questions.
Je lis à l’instant la contribution de Laurent Lévy et j’y trouve quelques points communs…

Gilles Alfonsi, 14/11/2011

Concernant le Front de gauche, chacun peut rester droit dans ses bottes sur "ce qu'il fallait faire", mais on peut aussi tenir compte de ce que ses petits camarades essayent de faire.

Pour le moment, nous sommes un certain nombre à tenter de mettre en place des assemblées citoyennes du Front de gauche les plus ouvertes possibles, en même temps que nous participons, avec nos faibles forces, au dispositif de campagne qui continue à se mettre en place. Nous le faisons sans illusion sur ce que sont les autres composantes du FdG. Nous le faisons en portant une conception différente de la leur : nous n'entendons pas l'imposer par le haut mais faire l'expérience, le plus d'expériences possibles, qu'il y a une vraie plus value à faire quelque chose qui mixe organisations et citoyens, qui travaillent contre la césure entre mouvement "social" et politique, qui fait campagne électorale et qui en même temps voit au-delà, qui fait de l'appropriation citoyenne le coeur d'une politique d'émancipation etc.

Nous ne sommes pas « sortis de notre interrogation sur cet ailleurs qu'est l'ensemble du mouvement social et citoyen qui ne se reconnaît pas dans le Front de gauche » : au contraire, c'est ce que nous essayons de mettre à l'ordre du jour des initiatives des AC et de la campagne. Au passage, ne faisons pas comme si ces questions n'étaient que les nôtres : elles traversent toutes les forces (qui sont elles-mêmes en crise).

Les contradictions entre nos objectifs, ambitieux et globaux, et nos moyens, ne datent pas d'aujourd'hui : le pari de participer au Front de gauche consiste à éviter d'avoir "raison" tous seuls pendant 30 ans... sans peser sur quoi que ce soit (ce qui ne vaccine pas contre l'esprit de boutique). Si dans quelques centaines d'endroits en France, des expériences intéressantes prennent, c'est-à-dire si des dynamiques citoyennes s'y dessinent, cela sera pour nous un succès, et pour ma part j'espère qu'il se traduira électoralement.

Je voudrais rappeler que l'ACU (et le texte de préparation à l'AG) se situe au-delà des scrutins de 2012 tout en les intégrant :
- d'une part, comme le dit Vincent, il y a le travail de fond sur l'émancipation et les efforts pour formaliser des éléments de projet (à mettre en débat). Sur ce point, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas foule pour produire des réflexions consistantes, tirer des fils sur des enjeux d'émancipation, animer des débats, publier etc... Et pourtant, nous sommes, je crois, assez nombreux à considérer que le communisme peut apporter une contribution forte au combat pour l'émancipation. La formulation de Vincent, « Serons-nous vus par les mouvements sociaux et citoyens comme des partenaires leur permettant de conquérir des pouvoirs ? », me semble par exemple un bon sujet de débat ;
- d'autre part il y a la question de la force politique de transformation sociale et écologique, pluraliste, fédérant les différents courants de la gauche de transformation, qui fait défaut aujourd'hui. Cet objectif, qui suppose à la fois le dépassement des organisations existantes et l'élaboration d'un nouveau type d'organisation (qui n'existe pas), fut, je le rappelle, à l'origine de la création de l'ACU et de la création de la FASE. C'est autre chose que de se réunir entre militants déjà d'accord sur l'essentiel, notamment sur la conception de la politique, même si bien sûr c'est aussi utile.

 


Pierre Zarka, 17/11/2011

Des camarades me disent être en gros d’accord avec mes propos, mais que je ne prends pas en compte que ceux qui essaient de passer à l’acte se heurtent à un « comment faire pas si simple». Que l’on apparaît souvent abstraits voire inaudibles.

Une part du problème me semble être effectivement là.

Je tiens d’abord à dire que je ne peux avoir LA solution. Ce n’est pas une dérobade de ma part mais je ne prétends pas me substituer à un travail collectif qui n’a pas eu lieu. Je ne le dis pas par une fausse modestie mais par  lucidité : aucun d’entre nous n’en est capable sans travaux collectifs. (J’insiste sur le pluriel de travail). Pour moi, comme pour les rédacteurs du texte qui nous a été envoyé, cela devrait être justement l’ordre du jour de notre AG.
Cela dit, nous avons pour nous des outils.

1) Il fut un temps où nous nous sommes enthousiasmés de cette position de Lucien Sève : « Commencer par les fins ». Et celles et ceux qui, comme moi, ont été membres du Parti communiste se souviennent combien nous avons reproché à sa direction de ne pas voir le "déjà là". C’est pourtant le point de départ de tout processus. Or, malgré des tentatives qui, pour l’essentiel, demeurent le fait de quelques uns dans leur coin, isolées, je pense que l’envie n’y est pas suffisamment. Je suis persuadé que, même dans la recherche scientifique, le point de départ n’est pas dans la projection vers une solution qui n’est, par définition, pas encore visible, mais par une intuition, rationnellement fondée et donc par l’envie.

2) Revenons au "déjà là". Ne le rêvons pas. Je partirai de la part émergée de l’iceberg pour tenter d’en sonder la base. Je viens d’écrire de manière lapidaire dans Cerises que les forces du capital faisaient preuve d’étranges lapsus, que le silence assourdissant d’Hollande et la remontée de Sarkozy dans les sondages disaient en creux : a) qu’elles craignaient une disponibilité nouvelle des gens à l’égard de la condamnation du capital ; b) que cela en conduisait une grande part  des dominés à manquer d’enthousiasme à l’égard du discours à gauche.

L’absence de solutions clairement  réclamées,  l’ambiance qui est plutôt à l’attente, on ne sait trop de quoi au juste, ne doit pas nous cacher cette disponibilité. Nous qui évoquons le passage du social au politique, analysons-nous qu’après que des semaines de grèves, de perte de salaire, de manifestations, le mouvement de défense des retraites ait été terre, cela donne à réfléchir à deux fois avant de se relancer ? Que d’avoir tant clamé "nous sommes derrière les syndicats"» ne permet pas de deviner en quoi consiste "la révolution citoyenne" ? Et que la perspective de la Présidentielle est ainsi perçue avec peu d’autre enjeu que de virer Sarkozy ?

Nous-mêmes, nous avons été tendus - à juste titre - vers le rassemblement des forces de la radicalité et l’entrée de la FASE dans le Front de gauche. Et c’est seulement depuis septembre que nous sommes dans une situation nouvelle. D’ailleurs la manière dont le FdG évoque davantage le lien entre social et politique et dont – trop timidement à mon sens - commence à être évoqué la nationalisation des banques, témoigne que nous n’avons pas perdu notre temps. Mais il est nécessaire d’analyser les nouvelles exigences et les nouvelles possibilités que cela dégage.

3) Nous ne trouverons pas en un claquement de doigts ce "comment faire". Je plaide donc pour des expérimentations que nous devrons ensuite analyser ensemble. Pour sortir de l’abstrait, j’ai en tête deux exemples ; ça vaut ce que ça vaut :

- Est-il impensable d’éditer des tracts qui disent que l’argent des banques vient de notre travail, de nos comptes en banques,  de nos impôts par l’intermédiaire de l’État, de l’argent des délocalisations et suppressions de postes et qu’à ce titre, nous avons suffisamment payé pour dire que nous n’avons aucune dette à leur égard et que nous devons avoir le pouvoir de décider de ce que fait cet argent ? Serait-ce totalement inaudible ? Quelles seraient les réactions ? Comment le savoir avant d’essayer ?

- Le débat budgétaire commence au Parlement. On connaît ma marotte quant à « l’élu-partenaire ». Qu’est-ce qui empêche de dire que compte tenu que personne aux dernières législatives ne s’est fait élire en inscrivant dans son mandat la crise actuelle, il ne serait qu’honnête que dans toutes les circonscriptions les députés viennent établir ce que doit être leur mandat à ce sujet. Evidemment, on peut deviner ce qui, dans la réalité, se passera ou plutôt ne se passera pas. Mais pour l’instant l’essentiel n’est-il pas dans l’interpellation ? C'est-à-dire dans le fait  qu’un certain nombre de personnes s’approprient concrètement la démarche ? Et si trois députés s’y collent, nous aurons un exemple de nouveaux rapports possibles avec le Parlement à populariser. Nous aurions alors avancé sur la possibilité de se doter de pouvoirs nouveaux.

Sur quoi déboucheront ces tentatives ou d’autres que je n’imagine pas? Bien hasardeux ceux qui se risqueraient à vouloir répondre avant l’expérimentation. Au pire, nous aurons à analyser en quoi cela n’aurait pas marché. Mais nous ne serions déjà plus tout à fait dans l’incantation. Si l’AG pouvait nous permettre de travailler dans ce sens, nous ne perdrions pas notre temps. Et mieux, si nous avions déjà quelques tentatives à analyser, le paradis se rapprocherait de nous… de quelques centimètres.

Pour terminer ce long raisonnement, deux mots sur le Front de gauche. J’ai lu les fortes réserves à son égard. J’en partage un grand nombre d’entre elles et ai dû en dire d’autres dans des mails. Mais :

1) Mon texte est justifié par le problème d’inscrire des enjeux fondamentaux dans l’immédiat. Cela suppose donc d’être aussi inscrits dans cet immédiat. Le communisme ne doit pas devenir avec le temps une éthique intellectuelle incapable d’agir sur le présent. On ne choisit pas vraiment le présent, ou, du moins, on en prend ce qui permet d’aller de l’avant.

2) Je ne vois pas comment le fait que des structures ne voudraient pas aller sur notre terrain nous empêcherait nous, d’y aller. Certes, si le PC, le PG et GU avaient bien voulu s’engager avec nous sur une autre conception du Front de gauche, cela eut été plus facile. Mais ils n’en sont pas là. Doit-on attendre ? Doit-on faire dans notre coin ? Ou doit-on tenter de profiter de la moindre  aspérité pour inscrire nos efforts dans le réel ? le formidable mouvement des Indignés (un peu moins en France, non ?) offre lui aussi des limites qui doivent être complexes à franchir.

Bref, faisons ce qu’on peut avec ce qu’on a. Mais faisons…

Laurent Eyraud-Chaume, 17/11/2011

Je retiens de ton texte cette phrase : « Le communisme ne doit pas devenir avec le temps une éthique intellectuelle incapable d’agir sur le présent. »
C'est bien là une de mes principales inquiétudes du moment : Que nous devenions un courant éthique...
Je pense au contraire que la radicalité "anthropologique" de notre communisme peut et doit être rassembleuse dans le réel.
Je pense qu'il se joue beaucoup dans ce "déjà là"... qui révèle le pas encore là...
Nous avions évoqué avec les ami(e)s de Toulouse d'inventer une rubrique dans Cerises sur ce "déjà là"...
Bien entendu le soucis c'est que si nous ne manquons pas d'exemples ils sont toujours "imparfaits" et nous peinons donc à les valoriser avec force...
Mais enfin une tentative en ce sens serait bienvenue : une rubrique "le printemps est déjà là !" qui recenserait des actions dans les boites (scoop...), des mouvements sociaux originaux, les amap et autres actions écolos, les actions culturelles "hors format(age)", mais aussi pourquoi pas des "agir" en politique différents (par exemple soyons fous des assemblées citoyennes...). Le but n'étant pas une énumération mais un questionnement : le communisme déjà là... les espaces libérés de la domination de l'argent, de la subordination salariale, de la colonisation de nos imaginaires... Il faut redonner envie, fierté et plaisir dans nos luttes.
(il va sans dire que j'attache une grande importance à nos cerises hebdomadaires... qui sont déjà un acte !)

Par ailleurs, je pense qu'il faut une grande humilité sur notre organisation et ses forces... Cette situation m'incite à penser que nous devons être créatifs et prioriser nos actes... il faudrait pouvoir identifier les communistes unitaires à un ou 2 combats structurants... je suis sûr que nous ne manquons pas d'idées : démocratie directe, sortir du capitalisme...
Le Mpep (sortie de l'euro) ou les Alternatifs (combat altermondialiste et autogestion) ont su à leur manière identifier leurs petites orgas à des idées clefs... ensuite le plus dur est de trouver une manière d'agir qui nous soit propre et qui dépasse la simple distribution de tracts... mais que nous soyons capable de porter...

Enfin, et pour finir, je pense que nous devons garder à l'esprit la fondation d'un mouvement qui puisse se dire communiste et qui ne soit pas seulement éthique... Est-ce que le rapprochement avec Convergences et alternative et la Gauche unitaire... pourrait aboutir à ça.? Ou allons-nous vers une fédération bis...vague. Il va sans dire que je suis toujours autant étonné par le nom de notre association... et que je suis d'accord pour notre participation dans le Front de gauche, sans illusion mais avec l'envie de bousculer... et ici ça bouscule... (candidat FASE).


Michel Mourereau, 17/11/2011

1/ le terme (le "mot et  la chose," en fait) nationalisation ne me convient pas du tout. Pourquoi?  Les nationalisations, nous le savons tous très bien, ont toujours servi (depuis la vente des Biens Nationaux en 1792), Reagan, Clinton aussi et Obama pas moins,  à "socialiser les pertes", etc. J'ai eu l'occasion de parler avec M.Paul, peu avant sa mort, de la nationalisation d'EDF. Comme je lui faisais remarquer que les usagers étaient peu présents au CA d'EDF,  il m'a répondu que, dans le contexte de 1946, il ne pouvait faire plus (ce qui est incontestable !) et que l'histoire n'était pas terminée. Voici 4 ans, j'ai été convié à une réunion initiée par des membres du CA d'EDF-GDF, syndicalistes élus CGT ; nous étions une douzaine de présents, j'étais le seul non salarié du service public et me suis présenté comme "abonné" au S.P ; j'ai posé la question "comment associer les abonnés aux orientations de l'entreprise ? ",  j'attends encore "la" réponse. Il n'y pas eu de 2ème réunion. Parce qu'il n'y a pas "la" réponse : il reste à l'imaginer et à LA mettre en place... depuis 1946.

2/ pour la mettre en place, il FAUT PASSER par le pouvoir d'État pour modifier les textes en vigueur les usagers sont "nommés" par l'État (oui, encore l'ÉTAT), comme d'ailleurs les administrateurs. L'ÉTAT possède encore la majorité, là comme dans la plupart de entreprises du CAC 40, où il possède des positions dominantes, en parts d'actionnaire : Colbert, pas mort.

3/ le pouvoir d'ÉTAT est donc le point de passage OBLIGÉ, de l'accès au législatif qui possède, sans doute encore pour longtemps, la possibilité de mettre en place de nouvelles règles, comme en 46.

4/ c'est pourquoi  je préfèrele terme de "DÉPRIVATISATION "(Fassin) qui met en exergue la  question du statut de l'entreprise, du statut des salariés et des  finalités collectives de l'en-commun des objectifs de l'entreprise, qu'il s'agisse des énergies, de l'eau,etc... VOICI UN MOIS UN SONDAGE DONNAIT ENVIRON 65% d'opinions favorables à des RENATIONALISATIONS - sauf la Poste à 53% ?! seulement). Voilà qui doit nous poser question.

5/ la gauche française, contrairement à la droite, est incapable de faire des réformes (vraies) en dehors des périodes de crise violentes, elle ne prend jamais, SD oblige, la peine (?) d'écouter et de rechercher et mettre en oeuvre les réformes avec les erreurs, inévitables, qu'implique l'innovation réelle : TRANSFÉRER le pouvoir à tous. Cela demande beaucoup de temps. L'efficacité (laquelle?) du pouvoir d'État, de l'Exécutif, APPARAÎT, par sa rapidité tout aussi apparente, LA SOLUTION.

6/ l'interpellation des candidats aux LÉGISLATIVES doit se faire en public, à l'écart des débats de chapelle. Sera-ce suffisant ? évidemment, NON, mais c'est indispensable.

7/ Les indignés en France (voir les QQues centaines de présents, Place de l'Hôtel de Ville, voici deux semaines) sont marginaux. Pourquoi? j'ai la faiblesse de penser que cela est le résultat de l'existence d'une radicalité, à peu près crédible  en France, contrairement à Wall Street ou à la City.

8/ le succès d'Arnaud Montebourg en témoigne.

Qu'on le veuille ou non, c'est ce que les gens ont dans la tête. Aujourd'hui.

Chantal Delmas, 17/11/2011
(...) 3 idées qui peut-être sont en décalage avec votre réflexion:

1- Tout d'abord quelque chose de nouveau se passe  dans les mouvements, j'ai pu le constater dans le sommet des Peuples au G20 ou avec la  présence des syndicalistes, des grandes ONG, de l’ensemble du mouvement altermondialiste, mais aussi des mouvements de type nouveau, tel les Indignés,des acteurs des révolutions tunisiennes, égyptiennes, des mouvements de la place Syntagma en Grèce. Ce mélange de mouvements très hétéroclites dans leur fonctionnement, mais très homogènes dans leur remise en cause du système capitaliste et leur soif de démocratie ont enrichi cet évènnement, qui se déroulait sur fond de crise grecque exacerbée avec l’annonce du référendum par Papandreou, sa convocation et son rappel à l’ordre par Sarkozy et Merkel.
Tous expriment l’idée de trouver de nouvelles convergences émanant de notre diversité. Un militant canadien disait : « Chaque mouvement crée son propre terrain et demande aux autres de venir dans son terrain, nous n’y arriverons pas comme cela ; il est grand temps d’organiser un grand terrain commun ».»
La nécessite de plus en plus ressentie aussi de proposer une alternative au capitalisme seulement destructeur de nos vies, par la construction d’une société solidaire, le sentiment d’être au bord de ce qui pourrait être le pire (basculement nationaliste, d’extrême-droite) comme le meilleur (révolution démocratiques).

2- L'idée que porte Alain Bertho me semble très forte aussi pour analyser les mouvements des Indignés et autre mouvements similaires. Il fait remarquer que ces mouvements sont victorieux lorsqu'ils arrivent à dépasser le clivage classe moyenne et jeunes plus paupérisés (ex. Tunisie, Egypte).(article dans Regards)

3- Les recherches sur la question du commun faites par Dardot et Laval (séminaire "Du public au commun" accessible sur Internet) me semblent déterminantes pour penser le communisme d'aujourd'hui,i ls ont d'ailleurs une prochaine séance qui s'intitule "Commun, communes, Communisme". Leur pensée est réellement une prise en compte totale de la pensée de Marx et un dépassement sans reniement de celle-ci qui nous donne des billes pour penser l'alternative.

 
 

Des nouvelles de chez vous

spacer.png, 0 kB