| Assemblée générale ACU - Contributions 1 - Lévy - Kiintz - Larue |
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| Écrit par Les communistes unitaires | |||||||
| Jeudi, 17 Novembre 2011 18:02 | |||||||
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Laurent Lévy, 13/11/2011 Lorsque la question s’est posée d’entrer dans le Front de gauche – pour le transformer –, j’avais émis un scepticisme appuyé à l’encontre de cette idée. Il est sans doute temps d’examiner les mérites de cette expérience et d’en tirer quelques leçons provisoires. Sur le fond, et je le regrette, il me semble que mon scepticisme était bien fondé. Nous n’avons pas modifié la nature du Front de gauche, qui demeure une coalition de partis à visée électorale, et il semble clair que plus nous avancerons dans la campagne, moins il sera possible d’opérer la transsubstantiation que nous attendions de notre participation. Les "assemblées populaires citoyennes" sont de simples "assemblées populaires du Front de gauche", n’attirant, même là où elles sont le plus réussies, que des sympathisant-e-s a priori dudit Front de gauche. Plus cela ira, plus elles seront dans le fond ce que le PCF souhaitait qu’elles fussent, des "comités de soutien" aux candidats ou des "collectifs électoraux", dans lesquels l’échéance de 2012 est l’essentiel de l’activité politique. Or, s’il y a une urgence politique, c’est de faire valoir que l’horizon de 2012 est quelque chose d’anecdotique, de secondaire au regard des nécessités d’un mouvement de masse qui, en luttant contre les politiques d’austérité imposées aux peuples, peut faire émerger une nouvelle logique politique et sociale. Par un mécanisme tout naturel, lié au rapport des forces idéologiques au sein de la gauche radicale, c’est nous et non nos partenaires qui sommes en passe, même à notre corps défendant, de changer de nature pour devenir un simple (petit) parti au sein d’une coalition dans laquelle la politique est massivement conçue suivant la forme-parti, délégataire et séparée de la société. Et les précautions que nous pourrions prendre pour ne pas le devenir seraient autant de cautères sur une jambe de bois, car l’essentiel est ici dans la place réelle que nous occupons dans le "champ" politique, qui est celle dans laquelle nous sommes vus, évalués, considérés. Le peu d’influence que nous aurions pu avoir pour changer le sens de la politique dans la conscience commune est désormais obérée, et même si cela se traduisait par l’agrégation de nouvelles forces, cette agrégation se ferait certes avec nous et à notre profit, mais contre notre projet initial, qui était entre autres de contribuer à ce que le rapport de la politique à la société soit compris différemment. Nous aidons aujourd’hui à ce qu’il soit compris toujours pareil, et c’est dommage. Grosso modo, je considère que les partis du FDG, anciens ou récemment constitués, demeurent fondamentalement pris dans la gangue de la tradition institutionnelle et de la culture du parti-guide, du leader charismatique etc. : tout ce qui pèse dans le sens électoraliste, la tendance chez beaucoup de leurs militants à réduire, dans les tracts, les assemblées citoyennes à des comités de soutien auxquels est offert sur un plateau un programme dont on peut "discuter", alors même que la une de couverture ne comporte plus « populaire et partagé ». Bon. Je ne pense pas que celles et ceux, parmi nous, qui sont sortis de ces structures, précisément pour toutes ces raisons, se fassent beaucoup d'illusions. Est-ce pour autant à prendre ou à laisser ? Sommes-nous « en passe de changer... » ? Je ne le vis pas ainsi. Et nous ne sommes pas, par exemple, celles et ceux qui, sur telle ou telle liste, s'enferment dans les discussions strictement électorales, les comptages de points avec PC ou PG. C'est sans doute pour cela qu'il y a réellement des assemblées citoyennes qui ne sont pas des comités de soutien. On peut considérer que les mots sont des paroles dans le vent, ou que « les mots sont importants ». Ce qui se pointe dans les discours d'un P. Laurent ou d'un Mélenchon, dans les rencontres, plus encore avec la GU ou même dans les frémissements d'un courant du NPA, ce n'est pas anodin, ce n'est "que" mais c'est la flexion face aux réalités : quel que soit le degré de conviction qui les porte, peu importe, c'est, même par pragmatisme, la prise en compte des vibrations populaires, des exigences qui se font entendre - encore informelles ou éclatées, indignées et prometteuses, qui peuvent - pourraient - « faire émerger une nouvelle logique politique et sociale », mais tout aussi bien retomber dans la déception, l'amertume, le nihilisme. Tout comme une amie disait du mouvement Occupy Wall Street que ce pouvait être un brandon allumant le feu ou retombant en cendres. Prenons en acte, attachons-nous à ce que cette parole indignée fasse force politique, partout. Il y a eu un mouvement de masse sur les retraites. On en a dit la montée d'exigences politiques, encore bien insuffisantes. Ce n'est pas la "masse" qui importe, mais ce que le mouvement de masse porte, comment il se considère lui-même : revendicatif seulement, syndical et déléguant ensuite "aux politiques" la mise en forme de ses revendications ou acteurs de ses exigences ? Comment et dans quels espaces contribuons-nous à favoriser la transformation en politique de ce qui reste un mouvement de masse revendicatif et protestataire ? Dans toutes les occasions, si possible. Les assemblées citoyennes en sont. Là, comme ailleurs, nous tentons avec nos moyens, restreints, de faire en sorte que cette montée du politique, s'il intègre le temps électoral, ne lui soit pas soumis. On ne peut pas d'une pichenette évacuer ce temps électoral, en le déclarant "secondaire", "anecdotique" : il existe. Et nous n'en sommes pas à ne pas avoir d'élus à élire. Les élus partenaires, ça me va : on les désigne quand, comment ? Dans le communiqué sur la Grèce1, nous avons marqué les limites du référendum, mais aussi ce que signifiait d'impact des luttes grecques et de crainte de la part des libéraux : là aussi le temps électoral aurait été un outil, si le mouvement de masse était encore plus fort que les manoeuvres de l'UE et consorts. Il ne m'a pas semblé, de ce que j'ai lu, que les Grecs en lutte auraient boudé ce temps ? Quant à ce que nous faisons "ailleurs", mais sans coupure avec la vie politique - même celle du "champ" institué - c'est par exemple Cerises, Altercommunistes, et les implications ici et ailleurs. Et là, il y a besoin de forces, de contributions. La situation est difficile, peu enthousiasmante. Raison de plus pour continuer à apporter son grain de sel, de poivre, un peu de sa force - tant qu'il en reste. Après, il est important que chacun-e mette son énergies là où il y trouve utilité et plaisir, c'est aussi une condition d'efficacité. J'attends que l'AG de l'ACU soit, dans sa préparation - sous forme de contributions et d'aide matérielle - un temps de confrontation dont je sorte avec un plus à engranger dans mon sac à penser et agir. Cela fait à peine 6 mois que la Fase a rejoint le FDG. Peut-on espérer de grandes évolutions en si peu de temps ? Il y aura donc qq frictions... mais du moment où les débats seront publics, ils ne relèveront plus de la seule confrontation entre organisations. |



