| Un communisme de nouvelle génération. |
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| Écrit par Pierre Goldberg |
| Lundi, 21 Février 2011 17:36 |
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Le terme « nouvelle génération » dit bien à la fois la volonté de ne pas perdre le mot « communisme » et d’envisager un nouvel âge. Ainsi pour Alain Badiou, le communisme a connu deux stades de son existence et doit aborder une troisième. Le premier est celui de la phase idéologique au XIX° siècle, développant un nouvel esprit critique, des outils d’analyses et une perspective émancipatrice. Mais cette phase est aussi celle où le communisme ne parvient pas à changer les sociétés ; il n’est qu’à penser à l’écrasement de la Commune de Paris. Cela conduit à une seconde phase, celle de la tension vers la victoire, vers « la prise du pouvoir d’Etat ». Cette tension permet des victoires dont la révolution d’Octobre mais en même temps enferme le communisme dans le modèle du pouvoir d’Etat. Pour Alain Badiou cette obsession de la victoire en reproduisant la machine d’Etat explique le recours à la coercition qui a caractérisé cette seconde phase. Pierre Zarka et lui se sont rejoints en se référant à Marx lorsqu’il dit qu’il est illusoire pour le prolétariat de vouloir « prendre l’appareil d’Etat et de le faire fonctionner tel qu’il est à son service. Son mode de mise en extériorité de la société civile ne peut que déposséder celle-ci. Ils se sont rejoints aussi sur le fait qu’en se fixant pour but « la prise du pouvoir d’Etat, les partis communistes se sont fondés comme des armées dit Alain Badiou, comme l’Eglise dit Zarka, c'est-à-dire comme des corps autonomes, se substituant au rôle des intéressés, pensant à leur place, détenant et se considérant comme les seuls à produire de La Vérité. Avec pour résultat, même sans le vouloir, de renforcer, la délégation de pouvoir et la passivité des intéressés. Pierre Zarka interroge si la clé des problèmes posés au communisme n’est pas dans un mimétisme vis-à-vis de la Révolution de 1789 : « Elle avait pour objectif qu’une classe de possédants remplace une autre classe de possédants. Or aujourd’hui, ce ne sont plus en ces termes que se pose la question de la révolution, c’est en termes d’émancipation de chacun(e) et cela ne débouche pas sur la même conception de la politique ». De s’enfermer dans une conception qui privilégie les espaces institutionnels au détriment de la créativité autonome des exploités et dominés conduit à l’impuissance. Pierre Zarka réfute la notion de « mouvement social ». Prenant exemple sur le mouvement en faveur des retraites, il montre que lorsque des jeunes y participent : ils disent le refus d’une société qui prive les intéressés de tout pouvoir sur leur propre avenir ; ils disent eux-mêmes « cette société, on n’en veut pas » ; lorsque des salariés dénoncent la nocivité des actionnaires, réactualisant la lutte des classes, il ne s’agit pas d’un mouvement revendicatif, mais d’un mouvement populaire encore privé des moyens de construire son propre prolongement politique et institutionnel. Alain Badiou revient sur le sens à donner au communisme, disant qu’il n’est ni un état, ni une institution mais que le troisième stade du communisme ne peut qu’être « un sens donné au mouvement, une orientation, un communisme de mouvement ». Pour l’ensemble des participants la nécessité de dépasser la dissociation du social et du politique était visiblement acquise.
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