| Le réel, les symboles, les imaginaires |
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| Écrit par Luc Brossart |
| Samedi, 16 Juin 2007 01:00 |
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Jadis, il était relativement facile d'adhérer à des modèles de transformation de la société ou de soutenir les luttes de libération nationale : il suffisait de réaliser un transfert affectif par identification sur un "surmoi" idéologique qui s'est écroulé avec la chute de mur et l'implosion du régime soviétique. Aujourd'hui ce transfert affectif reste à reconstruire sur la base des résistances suscitées par le libéralisme (c à d, le capitalisme libéral financier) : l'émergence de nouvelles formes de luttes antilibérales (démocratie participative des quartiers de Porto Alègre, forums sociaux européens et mondiaux, manifs anti G8, etc.) montrent que la chute du mur n'était pas la fin de l'Histoire prédite par Fukuyama. De même, l'apparition de l'ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques) comme système de rapports économiques Sud-Sud non marchands entre Cuba, le Venezuela, la Bolivie, etc., constitue une nouveauté par rapport aux accords de libre échange Nord-Sud que le G8 prétend imposer. Lorsqu'on parle de projet alternatif, on parle beaucoup de "contrôle citoyen" : on peut imaginer aisément comment le réaliser institutionnellement au niveau d'un certain nombre de situations : municipalisation de l'eau, présence dans les CE d'associations de riverains habitant près d'usines SEVESO2, resocialisation des entreprises qui exploitent les ressources naturelles, les énergies, les transports (dont la poste), démocratisation des CE, interdiction de minorités de blocage des actionnaires privés dans les CA, etc. Mais comment imposer un quelconque contrôle citoyen sur les paradis fiscaux et les marchés financiers, notamment des marchés dérivés qui brassent chaque jour plusieurs milliers de milliards de dollars, 24h sur 24 grâce à Internet et qui ne servent qu'à faire des plus values fictives (la taxe Tobin de 1 pour 10000 sur les mouvements spéculatifs de capitaux proposée par ATTAC n'a toujours pas vue le jour). Ce nouveau stade du capital financier lui permet :
Jadis, le capitaliste justifiait l'appropriation privée des plus values, son profit par les risques qu'il encourait : maintenant il ne court plus aucun risque en s'assurant et en se protégeant. Et dans le même temps, L. Parisot développe la philosophie de la précarité pour les employés : puisque nous sommes tous précaires face à la mort, la santé et l'amour, pourquoi refuser la précarité, l'insécurité dans le travail ? Il s'agit là d'une supercherie à dénoncer ! |



