| Fédération et Européennes - Point de vue |
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| Écrit par Bernard Calabuig |
| Lundi, 09 Février 2009 01:00 |
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L’enjeu est d’une importance considérable aussi en France, il concerne la recomposition politique. Soyons clairs, si rien ne se passe dans la gauche de gauche au mois de juin, la situation sera encore plus difficile par la suite, le bipartisme s’installera encore plus durablement dans le paysage et l’espace politique des forces qui s’inscrivent dans l’alternative se réduira. Le Parti communiste et le Parti de la Gauche ont lancé un appel pour la constitution d’un Front de gauche. La Fédération alternative ne peut rester en dehors de ce rassemblement. Je connais les réserves du Parti communiste à travailler avec la Fédération, les écarts entre le discours de rassemblement et les actes produits pour le réaliser. L’essentiel n’est pas là. La réalité est que la Fédération avec les différentes forces qui la composent peut être un partenaire incontournable du Front de Gauche. A condition que nous décidions d’en être. Il serait préjudiciable de penser que, les conditions n’étant pas réunies, nous décidions de passer notre tour. Ne nous y trompons pas, la dynamique naissante, (constitution de la Fédération dans des départements, réussite du meeting du 6 février à Montreuil) est en partie liée à la perspective de reconstituer l’arc du NON de gauche qui a permis la victoire en 2005. Rester en dehors du jeu politique pénaliserait le développement de notre jeune Fédération et interrogerait sur sa raison d’être. Certes, on me rétorquera que la Fédération n’a pas été pensée et construite principalement en vue des élections européennes, qu’il y aura une vie après le mois de juin. Oui, cela est vrai, mais la Fédération n’est pas LA nouvelle force politique que nous appelons de nos vœux. Elle a été pensée pour favoriser la convergence et le rassemblement de la gauche de gauche afin d’engranger les processus qui permettront, nous l’espérons, d’aller vers la constitution d’une nouvelle force politique authentiquement de gauche. Nous mettre volontairement en dehors du jeu électoral, ne nous fera pas avancer d’un pouce dans cette voie. Pire, si le Front de gauche se réduit à un tête à tête PG/PC, « au mieux » avec la présence du MRC, les résultats ne seront pas aux rendez-vous, et aucun front durable ne prendra corps. Le PCF, voire le PG, retournera alors sous la dépendance du PS dans la perspective des élections Régionales. Dans cette hypothèse, nous pouvons aussi nous poser la question de savoir quelle sera la situation en 2012 pour la prochaine élection Présidentielle? De surcroît, nul ne sait aujourd’hui sur quoi atterrira le gouvernement avec la réforme institutionnelle. Imaginons que la plupart des élections se déroulent sur des scrutins de liste et que la gauche radicale reste dans la division et l’éparpillement. De fait, le PS en situation d’hégémonie fédérera les autres forces de gauche et le bipartisme à la Française sera définitivement installé. J’entends les camarades et les amis qui disent : pour les élections européennes, il faut le rassemblement de tous, y compris du NPA. Bien évidemment, ce serait l’idéal, et c’est le but que nous avons poursuivi jusqu'à aujourd’hui. Nous aurions alors une situation porteuse, en termes de dynamique et de résultats, comme nous le montrent les sondages. Nous devons continuer à tout faire pour qu’il en soit ainsi, mais tout ne dépend pas de nous. Le congrès du Nouveau Parti Anticapitaliste n’a pas opté pour aller dans ce sens. Au nom de quoi devrions-nous rester au bord de la route au prétexte que nous ne sommes pas tous au rendez-vous? Certains disent ne pas vouloir choisir entre le PCF et le NPA. La similitude ne me semble pas être de mise, outre que la position la plus juste me semble d’être du coté où le rassemblement est le plus large. Objectivement, le NPA refuse pour l’instant de prendre sa place dans une dynamique unitaire ; il multiplie les préalables ; il n’est donc pas sur une ligne de rassemblement. Le Parti communiste, malgré ses hésitations, appelle au rassemblement le plus large possible (résolution du 24 octobre adoptée par son conseil national et confirmée à son congrès). Une autre question se pose, celle de savoir si entre le NPA et la liste écolo- social- libérale, un espace est possible pour le Front de gauche.
Quels sont les éléments qui nous permettraient de penser que la situation sera meilleure plus tard? Je pense que la volonté de changement qui se nourrit jour après jour dans les luttes sociales peut s’ouvrir un espace, pour peu que s’affirme un rassemblement politique porteur de contenus transformateurs. Alors, à cette condition, l’espoir peut renaître. La question des questions n’est pas de savoir si, à cette élection, nous serons devant ou derrière le PS, l’essentiel est d’amorcer un processus de rassemblement à vocation majoritaire. Un tel rassemblement ne sera pas abouti au mois de juin, il sera encore pour longtemps en formation, l’essentiel étant d’avancer. Enfin, tout va aller très vite. Les premiers de liste vont se discuter rapidement dans les circonscriptions électorales avec les composantes du Front. La Fédération ne peut pas tergiverser. Il serait franchement incompréhensible que la gauche de gauche reste dans le registre de l’éparpillement et dans l’expectative en rêvant à des jours meilleurs, en se tenant à l’écart d’un scrutin qui porte sur les enjeux européens, alors que c’est précisément sur ce terrain, que pour la première fois, il y a quatre ans, nous nous sommes retrouvés faisant la démonstration que notre unité est garante de victoire. |



