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L'eau : un enjeu de société - 2 - PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Perreux, Gilles Poux   
Vendredi, 28 Novembre 2008 10:38
L'eau est un enjeu de société ... et de convoitise des majors de la gestion privée.  Plusieurs grandes villes ont fait le choix d'une régie publique directe : Strasbourg, le Havre, Grenoble, bientôt Paris. D'autres n'ont pas saisi l'opportunité de l'échéance de leur contrat avec le privé pour faire le pas vers le public : Rennes par exemple.
Le Débat ressurgit en lle-de-France en amont du choix que le
Sedif  (Syndicat des eaux de l'Ile-de-France) doit faire. Positions : Jacques Perreux, Vice-Président du Conseil général du Val-de-Marne, répond à Gilles Poux, maire de la Courneuve . (textes publiés sur elunet.org)


Cher Gilles,

Permets-moi de réagir publiquement et fraternellement, à ce que je perçois être une évolution de ta position dans le domaine de la gestion de l’eau.

Evolution ! En effet, quelque temps avant les municipales, tu avais selon tes dires, tenu à exprimer dans un débat à mes côtés, ta prise de parti en faveur d’une gestion en régie directe publique pour le SEDIF.

Aujourd’hui, alors que cette perspective est offerte et que nous pouvons faire évoluer le rapport de forces, tu nous proposes la nationalisation des multinationales de l’eau et tu nous dis que le processus de décisions en cours est vraiment démocratique.

Tu comprendras que ta position ne soit pas très compréhensible pour beaucoup de militants engagés dans ce combat.

Nationalisation ? Serait-ce là, la nouvelle position du PCF ? Depuis des décennies, jamais à l’occasion d’une élection nationale, présidentielle ou législative, le PCF n’a défendu ce point de vue. Jamais non plus, lorsqu’il a participé au gouvernement et avait la possibilité de le faire entendre.

De plus, quand bien même la nationalisation serait une perspective imminente (sic)… en quoi cela devrait-il retarder la ré appropriation sociale au plan local, sans attendre un grand soir, si les conditions le permettent ?

C’est comme si, la bataille pour un véritable service public national de santé empêchait les maires communistes de construire ou moderniser des Centres Municipaux de Santé !

Chaque jour des services publics, que ce soit de l’eau potable ou de l’assainissement, font la preuve de leurs capacités à être moins coûteux pour l’usager, et plus innovants que la délégation au privé. C’est le cas dans des grandes villes comme Le Havre, Strasbourg…, dans des départements comme le Val-de-Marne ou la Seine-St-Denis. Grenoble, Cherbourg, Castres, sont passés du privé au public sans ambages et avec avantages …et aujourd’hui c’est le tour de Paris.

Pourquoi ce qui s’est passé à Paris ne pourrait-il pas se passer au SEDIF ?

En effet, le groupe socialiste s’est prononcé sans équivoque pour la régie publique directe. Pourquoi le groupe communiste et partenaires opterait-il, lui, pour une « régie à marchés publics », qui perpétuerait sous un nouvel habillage réglementaire la rente de situation colossale de Veolia ?

Tu le sais, ces dernières années ont apporté leurs cortèges de scandales dans le domaine de l’eau. L’entreprise Veolia, pour ne citer qu’elle, défraie souvent la chronique pour ses dérives financières. Il n’y a pas que dans le dernier James Bond que les agissements des multinationales de l’eau sont associés à la corruption, la répression et des bénéfices d’un montant inadmissible.

Partout dans le monde, des peuples, des communautés, des militants doivent se battre parce que la privatisation de leur eau signifierait la limitation du droit à l’eau, l’augmentation des maladies hydriques et de la facture.

Beaucoup d’entre eux attendent des milieux progressistes français qu’ils agissent pour une gestion en régie publique de l’eau dans le pays qui sert de modèle à l’exportation du trop fameux partenariat public - privé.

Certains voudraient nous diviser entre gestionnaires et idéologues. L’attaque n’est pas nouvelle de la part de la droite. Pour elle la défense du service public relève de l’idéologie tandis que la défense des profits relève sans doute d’une loi naturelle… Ne laissons pas faire cela.

L’offensive ultra-libérale à laquelle participe à plus d’un titre Monsieur Santini, doit rencontrer une riposte unie.

J’ai bien noté que tu as annoncé que les élus communistes voteraient contre le choix proposé d’une régie intéressée.

C’est essentiel et comme beaucoup, j’espère que le vote des élus au SEDIF sera public tant il est normal que les citoyens connaissent les positions prises en leur nom.

Cher Gilles nous divergeons sur l’appréciation du déroulement du processus en cours, même si comme tu le notes, des avancées ont eu lieu. Il reste qu’elles ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Tu le sais bien, le temps des élus n’est pas le même que celui des citoyens.

De plus de nombreux délégués ne siègent au SEDIF que depuis mars et ont donc besoin de temps pour maîtriser les dossiers et les études.

D’autre part les citoyens et associations qui s’intéressent à cet enjeu avaient tous en tête que le renouvellement du contrat du SEDIF se posait en janvier 2011 et non en décembre 2008, ils ont donc le sentiment – on peut le comprendre - d’être pris de vitesse alors que de nombreux débats sont prévus et nécessaires.

En fait, cette exigence démocratique et écologique, de citoyenneté et de transparence, est une chance car elle est la condition pour que l’eau soit vraiment notre bien commun. Encourageons la ensemble.

Bien fraternellement à toi.



 
 

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