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Ecologie et rôle de la classe ouvrière PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean-Pierre Rioual   
Samedi, 27 Février 2010 00:00

Questions écologiques et le rôle historique de la classe ouvrière

Il me manque des informations, que des lectures insuffisantes ne m’ont pas fait rencontrer, ce qui me conduit à 3 grandes interrogations. Je les garderais pour moi si j’étais sûr que ces questions n’avaient aucune conséquence sur les conceptions qui sont peut-être utiles à notre lutte. Aussi, je demande de l’aide, des précisions et des corrections

1) L’homme et la nature.

Les Christianismes mettaient (mettent ?) l’homme au centre du monde, l’univers était (est ? ) fait pour lui, pour lui offrir couvert et décors, (et interrogations conduisant à Dieu ).

Mais avec Descartes, bien sûr officiellement, on ne touche pas à Dieu, ni aux propositions précédentes, on est dans le même cas de figure, l’homme au centre et la nature servante. Mais l’homme devient tellement maître et possesseur de la nature, qu’il en devient presque dieu lui- même. C’est un peu comme si l’homme se mettait lui-même au centre de tout. Et la pire de mes interrogations, c’est que j’ai l’ai l’impression qu’une pensée présentée comme marxiste fait la même chose ! Est-ce impossible ? C'est-à-dire l’homme maître et possesseur de la nature, hors de la nature, ayant tout droit sur la nature, sur tout être vivant. Car ne compterait dans cet univers que l’humanité, la seule qui se produit elle-même, créatrice d’elle-même? Est-il impossible que cela soit une des sources des difficultés dans la question de la sauvegarde de l’environnement ? Il suffit de regarder le ciel pourtant ! De voir le petit point blanc de notre planète « à côté » des anneaux de Saturne photographié par le télescope spatial Hubble. Ou de se confronter à l’infiniment infiniment petit.

2) Qu’en est-il du « rôle historique de la classe ouvrière » en cette question urgente ?

Le « rôle historique  de la classe ouvrière », n’était-ce pas de conduire l’humanité entière au bonheur de tous, donc de la sauvegarder de périls imminents ? Cela peut-il être au contraire quelque chose comme : «  après moi le déluge ? Je vous précise la source de cette deuxième série d’interrogations. Dans mon département des usines polluaient gravement la Seine. Mais ni la CGT ni le PCF n’en parlaient. Par contre les pêcheurs protestaient, leur pêche était gravement atteinte par les « boues rouges » ! Or je constate, toujours dans mon estuaire, que le PCF parle très peu d’environnement. Bien sûr, c’est tout une tradition :

Je sais bien qu’ailleurs Camille Vallin, un maire communiste, créait le MNLE. Mais par chez nous, c’est une question à mettre en sourdine, la seule chose qui compte c’est l’emploi. Et si on exige une « ré-industrialisation », on oubliera une fois sur deux de conjuguer cela avec la nécessité de produire autrement.

Au fait, être communiste, est-ce seulement taper sur le patron qui paye si peu ? Cela peut-il aller jusqu’à exiger de décider qu’est-ce qu’on produit, et pourquoi ? Et pourquoi pas aller jusqu’à exiger de produire autre chose ? J’ai l’impression que là aussi un « communisme  primaire » est à l’œuvre et à la peine, en difficulté avec cette nouvelle donnée fondamentale de notre univers : il est urgent de cesser de polluer l’air, la terre et l’eau.

Dans la campagne électorale du « Front de gauche » par ici, où les 3 premiers sur la liste sont des élus du PCF, la question de la protection de l’environnement est traitée en 5 lignes sur 6 pages, et ne figure pas dans les 5 bonnes raisons de voter pour « la gauche combative » en dernière page. Serait-ce par électoralisme, par crainte d’être incompris ? Certes, le moment électoral n’est pas propice à affronter des questions difficiles1 ! Mais, comme il y a toujours une élection qui se profile, alors à quel moment mener, non pas un rôle de guide éclairé, mais un combat nécessaire en vertu du « rôle historique de la classe ouvrière » ? D’autant que j’inclinerai plutôt à penser que la partie ouvrière des électeurs est capable d’intégrer cette question dans sa lutte. Mon père était ouvrier, il était déjà sensible au respect de la nature et opposé aux gaspillages polluants.

3) Concernant le scepticisme

Qui pourrait montrer allègrement du scepticisme, même dans des milieux de la gauche révolutionnaire jugeant que ces questions des « petits oiseaux » sont des questions de « bobos » ( OUI, j’ai entendu des camarades dire cela, et même publiquement ), je me souviens de l’époque où l’on commençait les « écoles fédérales » par une évocation des questions philosophiques et de l’apport du marxisme. On faisait grand cas alors des changements quantitatifs qui, à un moment, produisaient un changement qualitatif majeur. On citait par exemple le caractère de la guerre qui avait changé avec les armes atomiques. Or un copain d’ATTAC nous a présenté l’autre jour une série de graphiques : la population humaine, la production de pétrole, d’électricité, de charbon, de gaz : il était facile de remarquer que tous ces graphiques se ressemblaient. Ils commençaient par une pente douce, et puis entre 1850 et 1900, c’est un grand virage, et ensuite la pente se met à grimper tout droit. Ça fait un dessin qui rappelle une hyperbole. Il ne s’agit plus là des cycles trop peu connus de dame nature depuis des millénaires cachés dans les glaces. Il s’agit bien de choses dont l’homme est comptable !

1 Décidément cette obligation extrêmement démocratique : les élections n’auraient pas que du bon !

 
 

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